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Qui sommes nous ?

"Pour la République sociale" est une association qui regroupe des militants issus de divers horizons de la gauche.

Elle se fixe comme objectif l’élaboration d’un projet politique capable de refonder une alternative de gauche à la domination matérielle et culturelle du capitalisme de notre époque.

Ouverte à celles et ceux qui se reconnaissent dans sa déclaration de présentation elle entend contribuer ainsi à une nouvelle union des gauches.

Ses modes d’action sont l’élaboration collective, la formation, l’action militante et l’éducation populaire.

PRS édite une revue.

PRS a été fondée le 31 mai 2004 à l’initiative de Jean-Luc Mélenchon.

Vendredi 22 août 2008


< OTAN - AFGHANISTAN >
NI GUERRE - NI ALLIANCE MILITAIRE
PAIX - LIBERTE - DEMOCRATIE

Les annonces faites par le Président de la République d’envoyer de nouvelles troupes en Afghanistan et de réintégrer le commandement militaire de l’Otan sont extrêmement inquiétantes.

Le bilan de la présence militaire en Afghanistan décidée par le Conseil de Sécurité en 2001 et assumée aujourd'hui par l’OTAN est dramatique : le pays s’enfonce dans le bourbier de la guerre, de la corruption, de la misère. Le terrorisme s’est développé. Il manque toujours près de la moitié des aides internationales promises, soit 10 milliards de dollars, tandis que d’énormes moyens sont dilapidés dans la guerre et la destruction. L’usage de la force est un échec. Il est temps de mettre en œuvre une solution politique internationale, qui donne la priorité à l’aide d’urgence, à la reconstruction et aux droits du peuple afghan. Un retrait rapide des troupes de l’Otan s’impose.

Au-delà des victimes dont on peut craindre qu’elles seront plus nombreuses, la décision d’envoyer des renforts est le signe d’un alignement inacceptable sur la politique des Etats-Unis.

 

La volonté de réintégrer le commandement militaire de l’Otan va dans le même sens.

La France ne doit pas endosser la vision manichéenne de « la guerre des civilisations » qui domine à l’Otan et ainsi renoncer à faire prévaloir une politique indépendante, pour la primauté du droit international et contre la guerre. Elle risque d’entraîner toute l’Union européenne à ne devenir qu’un simple « pilier européen » de l’Otan, source de nouvelles dépenses militaires au détriment des immenses besoins sociaux.

Nous ne voulons pas d’une France et d’une Union Européenne gendarmes du monde. Nous voulons une France et une Europe libres et indépendantes, développant avec tous les pays des coopérations en faveur de la paix, du développement durable et des droits de l’Homme.

Nous exigeons que le Président de la République renonce à l’envoi de renforts en Afghanistan et à la réintégration de la France dans le haut commandement militaire de l’Otan.

Paris, le 29 avril 2008

 

Premières organisations signataires

Action des citoyens pour le désarmement nucléaire (ACDN) - Agir contre la guerre (ACG)Américains contre la guerre (AAW) - Appel des Cent pour la Paix - Association des Combattants de la Cause Anticoloniale (ACCA) - Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) - Association pour la Défense des Prisonniers Politiques et d'Opinion en Iran - Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) - Association pour la Taxation des Transactions pour l'Aide aux Citoyens (ATTAC) - Centre d’Etudes et d’Initiatives de Solidarité International (CEDETIM) - Centre quaker international de Paris (CQI) - Collectif Faty Koumba Libertés, Droits de l'Homme et non-violence - Collectif "La guerre tue" (Toulouse) - Collectif Non au missile M51 - Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes « Ruptures » - Comité des iraniens contre la guerre - Confédération Générale du Travail (CGT) - Congrès National d'Afghanistan - Convergence des causes - Coordination nationale des collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme - Droit Solidarité - Enseignants pour la Paix (EPP) - Europe solidaire sans frontières (ESSF) - Fédération Syndicale Unitaire (FSU) - Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTC2R) - Femmes en noir de Paris - Forum social d'Iran - Les Alternatifs - Les VertsLe Mouvement de la Paix - Ligue communiste révolutionnaire (LCR) - Ligue des Femmes pour la Paix et la Liberté / Section françaiseMarche Mondiale des Femmes - MARS Gauche Républicaine - Mémoire des luttes - Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) - Mouvement de la jeunesse communiste de France (MJCF) - Parti communiste français (PCF) - Parti communiste des ouvriers de France (PCOF) - Pour la République sociale - Réseau Féministe « Ruptures » - Une autre gauche - Union des étudiants communistes (UEC) - Union pacifiste de France (UPF) - Union Syndicale Solidaires.

Jeudi 21 août 2008

Il n’est pas possible de ne pas réagir à la complaisance scandaleuse des médias en faveur du régime géorgien et de la politique de son président SAAKASHVILI.

Le faire passer pour l’agressé alors que c’est lui qui a lancé ses troupes contre l’Ossétie du Sud, ce que personne ne peut contester, ce n’est déjà pas mal, mais oublier délibérément que ce n’est pas pour délivrer les habitants mais au contraire pour les asservir, puisque 90% ont par référendum en 2006 voulu se séparer de la Géorgie, après une guerre d’indépendance victorieuse en 1992 (certes aidée par les Russes), c’est de la malhonnêteté intellectuelle.

Alors accepter que SAAKASHVILI raconte sans être démenti que les Russes pratiquent le nettoyage ethnique, voire le génocide, est un comble, même si on n’a aucune complaisance pour les actions passées et présentes des régimes russes successifs ici et là dans le monde !

En effet il est indispensable de faire connaître à tous la nature du régime géorgien, hypernationaliste fanatique, et ethnocidaire. Un peu d’histoire est toujours nécessaire : STALINE, Géorgien de la ville de GORI (et toujours vénéré par les habitants de la ville), donna à la Géorgie, une des Républiques soviétiques, les territoires d’Ossétie du Sud et d’Abkhasie, érigés en régions dites autonomes, qui permirent une colonisation massive de ces 2 territoires par des colons géorgiens qui se comportèrent en colonisateurs brutaux, brimant les autochtones par les moyens administratifs et économiques classiques.

Evidemment, lors de la chute de l’URSS et de l’indépendance de la Géorgie en 1991, le gouvernement géorgien supprima ces 2 régions autonomes pour amorcer une répression ethnique qui n’osa pas dire son nom ; mais le résultat ne se fit pas attendre : les Ossètes et les Abkhases se révoltèrent et conquirent leur indépendance avec l’aide des Russes (qui certes avaient intérêt à affaiblir la Géorgie) mais qui, néanmoins laissèrent une des provinces d’Abkhasie et une importante partie de l’Ossétie du Sud à l’Etat géorgien. Certes les colons géorgiens, exécrés par la population locale furent obligés de partir des territoires libérés (jusqu’à 250 000 en Abkhasie), mais les nombreux Ossètes du Sud qui vivaient dans le territoire resté à la Géorgie, devant les brimades, se réfugièrent en totalité en Ossétie du Nord, membre de la Fédération de Russie, sur le versant nord du Caucase.

Pour bien comprendre la situation de domination que les colons géorgiens exerçaient contre les populations locales, il faut se rendre compte que les minorités arméniennes et grecques qui formaient près de 15% de la populations d’Abakhasie, bien que chrétiens, se battirent avec leurs milices aux côtés des abkhases musulmans (ce qui est plus que significatif, dans ces régions, de la réalité et de l’intensité de l’oppression géorgienne) contre les colons géorgiens chrétiens qui étaient parvenus à devenir majoritaires dans la région d’Abkhasie.

En effet les régimes géorgiens qui se sont succédés en Géorgie depuis l’indépendance de 1991, à l’exception notable de celui de CHEVERNADZE, l’ex ministre des affaires étrangères de GORBATCHEV, se sont caractérisés par un impérialisme ethnique et religieux fanatique, avec en prime l’action ethnocidaire de l’église orthodoxe géorgienne qui se distingue par l’accaparation brutale des autres lieux de cultes chrétiens

Il faut ainsi faire connaître au grand jour les brimades exercées depuis des décennies par l’administration et la police géorgienne dans la province de DJAVAGH (150 000 habitants), donnée par STALINE à la Géorgie en 1920, alors qu’elle est peuplée à 90% d’Arméniens et située à la frontière de cette République.

Là, non seulement une politique active de type « minidragonnades » en vue d’affamer la population (donc de réaliser un nettoyage ethnique) est organisée désormais par les autorités géorgiennes de SAAKASHVILI, (une révolte a failli se déclencher en juillet 2008 contre ces exactions) mais les clercs de l’Eglise orthodoxe géorgienne (qui ont demandé en 2007 le rétablissement de la royauté !!!) sont envoyés presque systématiquement dans les grandes églises arméniennes historiques pour s’en emparer et supprimer les inscriptions arméniennes gravées sur la pierre en les remplaçant par des inscriptions géorgiennes (cela s’appelle de l’ethnocide) !!!!

Et tout ceci dans l’indifférence générale, notamment celle de l’administration des USA qui se gargarise pourtant de démocratie et de droits de l’homme, et parle pour cela de défendre ce « pauvre » SAAKASHVILI et son gouvernement hypernationaliste fanatique, avec un parlement où il n’y a aucun Abkhase, aucun Ossete et aucun Arménien originaire de ces provinces données par STALINE à la Géorgie. !!!! Il faut aussi savoir que l’administration étasunienne, qui soutient sans vergogne le régime hypernationaliste géorgien soutient également, et en même temps, le régime hypernationaliste fanatique d’Azerbaidjan qui voulait faire dans les années 90 (comme en 1922 à Shoushi par des massacres de nature génocidaire) le nettoyage ethnique des Arméniens dans la province du Haut Karabagh donnée par STALINE à l’Azerbaidjan (les 150 000 Arméniens de la province se sont alors révoltés et ont conquis leur indépendance), et les régimes turcs successifs connus pour leur savoir-faire dans le nettoyage ethnique génocidaire et le négationnisme, rejoints maintenant pour ce faire par les forces islamistes.

Et tout ceci, en vue d’acheminer, sous leur contrôle garantissant l’ultralibéralisme, pétrole et gaz de l’Azerbaidjan à un port turc de la Méditerranée, les oléoducs et gazoducs devant passer obligatoirement par la Géorgie. Il va donc de soi pour l’administration des USA de soutenir sans retenue des régimes qui se ressemblent par leur hypernationalisme fanatique en instrumentalisant des forces religieuses rétrogrades et obscurantistes, qui jouent elles-mêmes la surenchère nationaliste, mais qui ont tous le grand mérite à ses yeux de prôner l’ultralibéralisme économique.

Or, même s’ils ont un caractère formel de démocratie par des élections, ces régimes n’ont pas le caractère républicain émancipateur qui consiste à garantir les droits des populations à vivre dans des états-nations, et les droits de l’homme universels et imprescriptibles de liberté individuelle, d’égalité en droit et de fraternité sociale qui fondent l’humanisme et la laïcité.

Les médias pourraient-ils rappeler tout cela au lieu de s’aligner sur la thèse scandaleuse de l’administration étasunienne, soutenue d’ailleurs avec acharnement par des régimes ultra catholiques et ultra libéraux comme ceux de la Pologne et de la Lituanie ?

Hubert Sage

Président du cercle Laïcité et République Sociale

http://www.ripostelaique.com/Le-regime-georgien.html

Jeudi 21 août 2008
Une fois la messe dite, entre deux confessions, à l'abri des regards des fidèles, l'évêque de votre diocèse est peut-être discrètement en train de surveiller les cours de la Bourse. De vérifier que la crise des subprimes n'est pas en train de dégénérer. Que la valeur de son portefeuille n'a pas chuté. Son pseudo sur le site Boursorama ? "Pie 12" ou "JP 2". La scène est fictive, mais pas totalement fantaisiste.

Depuis le 31 mai, les évêques de France ont en effet la possibilité inédite de souscrire à un fonds d'investissement dédié. Nommé Ethica, ce FCP - pour fonds commun de placement - a été proposé en mars aux représentants des 95 diocèses de France, lors de leur réunion annuelle, par la Conférence des évêques de France (CEF), la structure qui les chapeaute.

Ce portefeuille n'est toutefois pas un produit financier comme les autres. C'est un fonds catholique, éthique. Investi uniquement dans des actions d'entreprises conformes aux valeurs de l'Eglise, comme le respect de la vie, la promotion de la paix ou le rejet de la corruption. "Concrètement, cela signifie que nous n'achetons pas d'actions de laboratoires pharmaceutiques qui vendraient la pilule abortive", explique Charles-Antoine Smet, gérant chez Allianz Global Investors, la société de gestion qui a remporté l'appel d'offres des diocèses. Et les préservatifs ? "On ne va pas jusqu'à parler de contraception", indique-t-il.

Le filtre est déjà coercitif. Seules 38 % des actions cotées en Europe respectent les critères listés dans un document intitulé "Gestion des biens de l'Eglise : enjeux ecclésiaux/enjeux éthiques". Un dossier de vingt-cinq pages, dans lequel il est également expliqué que "les chrétiens doivent être rendus conscients des enjeux pratiques de la vie de leur Eglise : ni ignorance, ni honte, ni dissimulation".

Depuis deux ans, les évêques réfléchissaient à la meilleure manière de gérer les biens de l'Eglise. "Nous voulions un produit avec NOS principes éthiques, et pas ceux de quelqu'un d'autre, explique Jean-Michel Coulot, secrétaire général adjoint chargé des questions administratives et financières à la CEF. Il a fallu un an et demi de préparation pour arriver à un consensus."

Jusqu'ici, faute de mieux, les diocèses créaient leurs propres portefeuilles, investissant les deniers de l'Eglise, l'argent de la quête des paroisses qu'ils supervisent ou les legs dans des placements de "bons pères de famille". Des sicav monétaires pour l'essentiel, avec un rendement assuré, mais limité.

Les dons des fidèles baissent d'année en année. Ce fonds éthique est donc une aubaine pour doper les finances de l'Eglise, sans culpabilité. "L'objectif est de faire au moins aussi bien que le marché, et si on peut, à terme, aussi bien que les Bourses européennes (l'indice Eurostoxx 50)", détaille M. Coulot. "L'argent n'est pas mal s'il n'est pas notre maître", insiste Jean-Louis Posté, lui aussi de la CEF. Et ce dernier d'évoquer la visite du Christ à Zachée, le collecteur d'impôts qui finit par distribuer la moitié de ses biens aux pauvres. "En 1968, certains prêtres avaient peur de faire la quête, maintenant l'Eglise est plus décomplexée", constate-t-il. Le concile Vatican II y a sans doute aidé.

Fin juillet, l'encours du fonds Ethica a atteint 4,6 millions d'euros. "Arriver à 100 millions d'euros à terme, c'est crédible", présage même M. Posté. Un tiers des diocèses de France se sont déjà laissé tenter. Parmi eux, Paris, Lyon, Nanterre, Annecy... Ce dernier a déjà mis 200 000 euros et compte monter jusqu'à 1 million d'euros d'ici un an. Pascal Delanoye, évêque adjoint du diocèse de Lille, lui aussi souscripteur, est enthousiaste : "Ce fonds, c'est le nôtre. L'Eglise a imposé ses critères, on ne s'est pas adaptés à un fonds existant ."

Pour le catholicisme, qui entretient un rapport ambigu, souvent alourdi d'un sentiment de culpabilité, avec l'argent, se mêler de finance est acrobatique. La pratique est toutefois assez courante pour d'autres religions. Les produits de finance islamiques, avec des fonds "charia compatibles", qui totalisent aujourd'hui près de 700 milliards de dollars (441 milliards d'euros) dans le monde, en sont l'exemple le plus important. Quant à la religion protestante, "c'est elle qui a été à l'origine des fonds étiquetés ISR, pour investissement socialement responsable", rappelle Catherine Husson-Traore, directrice générale du cabinet spécialisé Novethic. Ainsi, les quakers américains ont été les premiers à investir en excluant de leur portefeuille les capitaux issus du commerce des armes, de l'alcool et du tabac...

Dans le catholicisme, quelques rares initiatives ont aussi été recensées. Bien avant les évêques, la Soeur Nicole Reille, économe à la congrégation Notre-Dame, avait monté en 1983, avec la société de gestion Meeschaert, un fonds d'investissement éthique, Nouvelle stratégie 50, pour compléter la retraite des religieuses. "Les communautés se transforment de plus en plus en maisons de retraite, ça nous coûte plus cher, et les ressources manquent", explique-t-elle. Pour faire fructifier le patrimoine des religieuses tout en respectant les principes de l'Eglise, est ainsi née l'association Ethique et investissement. Son objectif : auditer les entreprises et les interroger sur les sujets qui fâchent pour, si possible, les faire évoluer. "A l'époque, on a soulevé quelques bombes", se rappelle Mme Reille, mentionnant notamment les questions posées au pétrolier Total sur ses investissements en Birmanie.

La plupart des diocèses de France n'ont toutefois pas encore osé sauter le pas et souscrire à Ethica. Quand ce n'est pas pour des raisons éthiques, c'est une question de moyens. Jouer en Bourse les quelques dons des fidèles, alors que les marchés tremblent, serait trop audacieux pour certains. "On est très heureux de ce que la Conférence des évêques de France a fait, mais on n'a pas assez de marge de manoeuvre pour souscrire à Ethica", signale ainsi Alain de Bovis, chargé des affaires financières à l'évêché de Marseille. "Ethica, c'est très bien, mais la priorité pour nous, c'est de réhabiliter une école pastorale à Athis-Mons", ajoute son homologue au diocèse d'Evry, Joëlle Delanoue.

Enfin, faire de l'argent avec de l'argent, est encore un interdit trop grand pour certains membres de l'Eglise catholique. "Spéculer ? Jamais de la vie !", juge ainsi Paul Mouraud, prêtre depuis 1962 à Saint-Michel-Chef-Chef (Loire-Atlantique).


Mercredi 13 août 2008

Un abrazo para nuestros camaradas bolivianos !


Depuis son élection, le président Evo Moralès est confronté à une offensive systématique de déstabilisation ( processus d’autonomisation de 5 provinces entamé par le personnel politique opposé au socialisme, coups d’éclat de l’extrême droite, menaces des multinationales, activité inlassable du personnel US pour préparer un renversement de l’expérience de gauche bolivienne) .

Le MAS ( Mouvement Vers le Socialisme), parti de Moralès, se trouvait depuis six mois dans une situation très inconfortable, au plan institutionnel comme dans le rapport de force social province par province.

Le président socialiste Evo Morales, son vice-président Alvaro Garcia Linera, ont alors décidé de remettre en jeu leurs postes respectifs de même que celui de huit gouverneurs de province.

Le premier succès de ce référendum révocatoire du 10 août, c’est évident le score énorme obtenu par Moralès (63% d’après les dernières informations disponibles).

La forte participation représente le deuxième succès de Moralès et de ses partisans. Elle symbolise la politisation des masses que connaît la Bolivie depuis six ans.

Le fort soutien des milieux populaires ouvriers et paysans (par exemple dans la banlieue de La Paz) représente un troisième succès pour Moralès, prouvant l’écho de ses deux principaux objectifs politiques : pour la récupération des richesses naturelles par des nationalisations et pour l’Assemblée Constituante.

Le calme qui a régné durant le vote révocatoire de ce 10 août, malgré quelques incidents isolés, représente un quatrième succès pour le MAS car ses opposants cherchent sans cesse à donner l’image d’une Bolivie à feu et à sang depuis l’élection de Moralès (53,7% en décembre 2005).

Cependant, ce vote ne résout pas toutes les questions, en particulier quatre gouverneurs de province farouchement opposés au MAS ont été réélus par 58% à 70% dont le puissant gouverneur de Santa Cruz Ruben Costas.

Dans sa première déclaration depuis dimanche, le président bolivien a souligné que la négociation devrait se réaliser "pour le peuple" et "non pour des groupes de familles", terme désignant les chefs d’entreprises et les gros propriétaires.

Le principal objectif avancé par Moralès pour l’avenir, c’est la tenue d’un dialogue national pour l’unité de la Bolivie. Or, la Bolivie est marquée depuis plusieurs années par une polarisation sociale croissante. Si l’objectif de dialogue et d’unité nationale amène le gouvernement dirigé par le MAS à transiger démesurément avec l’oligarchie et les multinationales, à s’opposer durement aux avant-gardes politisées indiennes, ouvrières et paysannes, à refuser la prise en compte de revendications ouvrières comme sur les retraites, un doute ravageur peut s’installer sur le fait que Moralès représente les milieux populaires contre les intérêts capitalistes locaux et impérialistes. A ce moment-là, l’offensive des milieux privilégiés reprendrait et serait difficile à stopper vu le soutien dont elle bénéficierait de la part des Etats Unis.

Pour le moment, nous n’en sommes pas là.

Aussi :

* Trinquons à la défaite des larbins politiciens boliviens au service du grand capital

* Trinquons à la défaite des Cent familles privilégiées boliviennes.

* Trinquons à la défaite du mur de l’argent.

* Trinquons à une défaite des USA et de la CIA qui conforte le glissement à gauche de l’Amérique latine.

* Trinquons à cette victoire du socialisme dans le pays où le Che a été assassiné.

Hasta la victoria siempre !!!

Jacques Serieys


Mercredi 13 août 2008

Le dalaï lama effectue en France une visite de douze jours qui se dit à caractère religieux. Elle s’inscrit dans une campagne politique sur la crise tibétaine.

"Chef spirituel et temporel du peuple tibétain", le 14e dalaï-lama, réincarnation du 13e et remontant le fil du temps, incarnation physique du bodhisattva de la compassion, c’est-à-dire le bouddha en devenir, s’impose en référence médiatique internationale incontournable. En ce début du XXIe siècle, n’est-on pas tenté de saluer là un net progrès de l’intelligence humaine ?

Depuis qu’il parcourt le monde, l’hôte aujourd’hui de la France pour une douzaine de jours a su mener sa barque. Mais son nom ne signifie-t-il pas « océan de sagesse », vaste profondeur dans laquelle il puise et façonne des déferlantes d’ambiguïtés sous un visage de vieux gourou sympathique et volontiers railleur. Quand le dalaï-lama flirtait avec la CIA

Selon la doctrine bouddhiste tibétaine, chaque être se réincarne après sa mort. À l’âge de trois ans, Tenzin Gyatso est reconnu, grâce à une série de signes, comme la réincarnation de ses treize prédécesseurs. Le 22 février 1940, il est intronisé dalaï-lama à Lhassa, la capitale du Tibet.

Il a alors quatre ans. « On me demande souvent si je crois réellement cela, disait-il en 1991. Il n’y a pas de réponse simple à cette question. Mais (…) considérant mon expérience dans cette vie et mes croyances bouddhistes, je n’ai aucune difficulté à accepter que j’ai un lien spirituel avec les treize précédents dalaï-lamas (…) et avec le Bouddha lui-même. » Voilà pour la filiation. Côté fréquentations, elles sont tout aussi complexes.

Il est vrai qu’enfant, le saint homme a reçu un nazi autrichien comme précepteur. L’un de ces alpinistes qui attaquaient l’Eiger pour, au retour, avoir le plaisir d’être décoré par Hitler. Le dalaï-lama n’a jamais renié ce maître, auteur de Sept Ans au Tibet, auquel il a rendu visite jusqu’à sa mort. Il eut par la suite d’autres liaisons dangereuses comme le gourou japonais de la secte Aum, Shoko Asahara, qui, en 1995, s’illustra en empoisonnant par gaz les passagers d’un métro de Tokyo, entraînant la mort de plusieurs dizaines de personnes et la contamination de 5 500 autres. Selon une enquête du magazine allemand Stern, les deux hommes se seraient rencontrés à cinq reprises à partir de 1987. Le journaliste Christopher Hitchens, auteur de l’ouvrage His Material Highness, estime que le gourou aurait en outre contribué à hauteur de 1,2 million de dollars à la « cause tibétaine ».

Entre-temps, dans les années soixante, c’est avec la CIA que flirtait le dalaï-lama à raison d’une aide financière et de l’entraînement de groupes armés tibétains renvoyés sur le Toit du monde pour tenter le coup de main contre l’armée chinoise. Les faits sont connus, révélés et confirmés par les agents américains eux-mêmes. Mais l’image médiatique du prix Nobel de la paix en 1989 est telle que personne n’ose vraiment s’en émouvoir !

« Vouloir comprendre la "question tibétaine" à partir des déclarations du dalaï-lama et de ses disciples serait comme vouloir reconstruire la Révolution française en se fiant aux "analyses" de la réaction des nobles réfugiés à l’étranger, et qui tendaient à placer tous leurs espoirs dans les baïonnettes des puissances contre-révolutionnaires », écrit un spécialiste de la région.

Interviewé par le Nouvel Observateur en juin dernier, le chef tibétain ne confiait-il pas que, avant 1959, le Tibet était « fondamentalement » « une société heureuse, une humanité heureuse, paisible en général ». En fait, un régime théocratique des plus arriérés.

Sous son règne, aristocrates et religieux possédaient 95 % du territoire. Les paysans étaient dans leur majorité réduits au servage. Et dans le registre des « lois », les codes 13 et 16 donnaient le moyen de calculer le juste prix du manant que le seigneur souhaitait vendre ou acheter. Une sorte de charia tibétaine donnait le droit à l’autorité de mutiler pour punir. L’obligation politico-religieuse

Que revendique aujourd’hui celui qui se considère comme « le porte-parole libre du peuple tibétain » ? Officiellement, le dalaï-lama se présente comme un modéré, partisan de la ligne médiane. Face aux indépendantistes, il ne réclame « que l’autonomie du Tibet ». Mais sur son étendue dite historique qui engloberait les provinces du Gansu, du Qinhaï, une partie du Sichuan et du Yunnan, où vivent des petites minorités tibétaines, soit près du tiers de la Chine. Quant au régime politique envisagé, il fleure bon un retour à la théocratie, bien que le principal intéressé s’en défende. Pourtant, la séparation entre sphère politique et sphère religieuse est bien absente.

La « Constitution » établie par le gouvernement en exil se conclut avec une « résolution spéciale », approuvée en 1991, dans laquelle on proclame l’obligation politico-religieuse de la « foi » et de l’« allégeance » à l’égard de « Sa Sainteté le dalaï-lama », appelé à « rester avec nous à jamais comme notre chef suprême spirituel et temporel ».

Dominique Bari (paru dans l’Humanité du 12 août 2008)

Dimanche 10 août 2008

Le 25/07, Alexandre Adler titrait sa rubrique du Figaro « L’antisémitisme, ciment du vertige identitaire ». A chacun ses fantasmes, mais quand même : voilà un homme qui veut que l’on prenne au sérieux ses discours et qui pense que l’on peut cimenter le vertige !

Adler ne reculant devant aucun ridicule, n’hésite pas, dans sa rubrique, à faire le parallèle entre l’affaire Siné et l’affaire Dreyfus et à affirmer que Val a la trempe d’un Zola ou d’un général Picard (sans doute veut-il parler du colonel Picquart…)

Il y a pourtant dans l’affaire Dreyfus un épisode qui devrait faire réfléchir Adler, celui de la fabrication du « faux Henry » pour faire condamner Dreyfus. Car si l’on tient absolument, comme le fait Adler, à se référer à l’affaire Dreyfus, ce n’est pas du côté de Siné qu’il faut chercher les fabricants de ce faux mais bien du côté de ceux qui travestissent les propos de Siné pour les transformer en propos antisémites.

C’est plutôt du côté de Bernard Henri Levy qu’il faudrait chercher quand il n’hésite pas dans sa Tribune du Monde du 21/07 à dénaturer les propos de Siné en affirmant que ce dernier avait écrit « en substance » que « la conversion au judaïsme est, dans la France de Sarkozy, un moyen de réussite sociale ». Siné n’a rien écrit de semblable. Il écrivait simplement que Jean Sarkozy avait « déclaré vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive et héritière des fondateurs de Darty ». Tout est au singulier dans le texte de Siné, un homme, une fiancée juive, héritière des fondateurs de Darty, ce qui n’est pas le cas de toutes les fiancées juives…

C’est plutôt du côté d’Ivan Rioufol qu’il faudrait chercher quand il écrit dans sa rubrique « Ce que dévoile l’affaire Siné » du 25 juillet 2008 que ce dernier fait « l’amalgame entre le juif, l’argent, le pouvoir ». Car l’amalgame, c’est Rioufol qui le fait. Siné, lui, ne parle pas de « juif », ou d’ « argent », en général. Il parle d’une fiancée juive bien précise, d’un argent bien précis, celui de la famille Darty. Dans la même rubrique, Rioufol apporte la preuve que l’amalgame est chez lui une constante. Il met sur le même plan antisémitisme, antisionisme, anticapitalisme et altermondialisme. Il écrit, en effet, à propos de « cet antisémitisme bonasse » qui « vient de loin » : « Mais c’est, peu ou prou, un même ressort, davantage dissimulé, qui anime aujourd’hui les discours altermondialistes dénonçant la « marchandisation » du monde, la société du profit, le capitalisme, le sionisme ». Dénoncer la « marchandisation » du monde, la « marchandisation » de la santé, des retraites, des services publics serait donc faire preuve d’antisémitisme. Dénoncer la part de plus en plus importante de la richesse confisquée par les profits au détriment des salaires ce serait faire preuve du même « antisémitisme ». Dénoncer le capitalisme ce serait encore faire preuve d’ « antisémitisme ». Dénoncer le sionisme ce serait toujours faire preuve d’ « antisémitisme ». On comprend mieux pourquoi, avec une analyse aussi inepte de la réalité, Roufiol voit des antisémites partout, surtout là où ils ne sont pas.

Le faux, c’est ce passage du particulier au général qui est la marque du racisme, effectué tant par BHL que par Rioufol, pour pouvoir accuser Siné d’antisémitisme.

Le restant de la rubrique ne relève que de la boursouflure habituelle chez Adler : il n’hésite pas, notamment, à assimiler les signataires de la pétition en faveur de Siné à Drumont ou à Maurras ! Pourquoi pas à Hitler ou à Heydrich ?

Ce dont les Adler, BHL et autre Rioufol ne se sont pas encore vraiment rendu compte, c’est que l’arme de dissuasion massive qu’ils croyaient avoir mis au point et en train de leur exploser au visage. Ils pensaient qu’ils suffisaient, pour les faire taire sans autre forme de procès, d’attribuer le qualificatif infâmant d’antisémite à tous ceux qui osaient critiquer la politique de l’Etat d’Israël envers les Palestiniens, la mondialisation libérale ou même la politique rédactionnelle de Val.

La bonne nouvelle c’est que cela ne marche plus. Il ne sera plus possible maintenant d’isoler un homme ou une femme et de lui imposer, sans procès, la marque immonde de l’antisémitisme. Le mouvement de soutien massif à Siné se reproduirait alors, en plus fort car nourri de la première mobilisation.

Une partie importante de l’opinion comprend qu’en soutenant le licenciement de Siné sous le prétexte infâmant d’antisémitisme, c’est le droit à la liberté d’expression, à la caricature, à la dérision, au blasphème contre les religions ou les grands de ce monde que l’on veut étouffer. Une partie importante de l’opinion comprend que pratiquer l’amalgame entre l’antisémitisme et d’authentiques anti-racistes (Pascal Boniface, Daniel Mermet, Edgar Morin, Noam Chomsky ou Siné) c’est ouvrir un boulevard au véritable antisémitisme. Une partie importante de l’opinion comprend que l’on peut parfaitement être contre la politique d’Olmert et ne pas être antisémite. Une partie importante de l’opinion rejette la police de la pensée que veulent imposer ces petits messieurs, omniprésents dans les médias. Et ce n’est qu’un début : les milliers de signataires de la pétition de soutien à Siné ne sont que la pointe émergée de l’iceberg.

Cette bonne nouvelle, c’est en partie à Val que nous la devons. Qu’il en soit remercié, tout comme il a remercié Siné !

JJ Chavigné 1er aout 2008

P.S. Dans son offensive qu’il croyait décisive contre Siné, Laurent Joffrin, directeur de Libération, s’était tiré une balle dans le pied en assimilant les Juifs à une « race ». Il a tenté de corriger le tir en modifiant le texte de sa rubrique et en écrivant que des termes comme « Communauté » ou « origine » était « plus justes » que celui de « race ». Il ne se rendait donc même pas compte qu’avec une telle « mise au point », il récidivait puisqu’il continuait à considérer que le mot « race » était juste, même si d’autres termes étaient « plus justes ». Imaginons un instant les tombereaux d’insultes qui seraient tombés sur Siné s’il avait employé le mot « race » et récidivé en croyant corriger ses premiers propos.

Dimanche 10 août 2008

La pétition lancée par la fédération CGT des télécommunications contre le projet de privatisation de La Poste, a déjà recueilli 40.000 signatures.

Téléchargez ci-dessous la pétition en format pdf et faites-la circuler !

La pétition lancée par la fédération CGT des télécommunications contre le projet de privatisation de La Poste, a déjà recueilli 40.000 signatures, a affirmé jeudi la CGT dans un communiqué.

Lancée à la mi-juillet, après l’annonce par la direction de la Poste que l’établissement public pourrait être transformé en société anonyme dès 2009, la pétition "Touche pas à ma Poste" a déjà enregistré "40.000 signatures malgré la période estivale et les congés annuels", a souligné le syndicat.

Document PDF - 102.3 ko

La CGT souhaite "faire du 21 août prochain une grande journée nationale de dépôt des premières signatures au cours d’initiatives décentralisées dans les départements et les régions".

Selon le syndicat, "de nombreux élus locaux se mobilisent et soutiennent le service public postal par des courriers, des pétitions, (…) la prise d’initiatives en direction des administrés, etc."

"La population affirme partout son attachement au service public postal" et "des luttes se développent déjà là où des bureaux de poste sont supprimés, où les horaires d’ouverture sont réduits, où les tournées de facteurs ne sont pas assurées", a ajouté le syndicat.

Cinq syndicats de La Poste (CGT, Sud, CFDT, FO et la CFTC) ont déjà convenu d’organiser une "journée d’action nationale" à la rentrée pour protester contre la "privatisation" du service public postal. Ils se réunissent le 2 septembre pour en définir les modalités.

Téléchargez ci-dessous la pétition en format pdf (possibilité de l’imprimer)

Document PDF - 102.3 ko

Signez la pétition en ligne

Vendredi 1 août 2008

1) Attac prend acte de l’échec - un de plus - du Cycle de Doha et se félicite qu’un très mauvais accord ait été évité.

Ce qui était sur la table aurait eu des conséquences graves pour les pays du Nord, dont la France, notamment dans le domaine agricole et dans celui des services (à cause de l’AGCS), de même que pour les pays du Sud, en particulier dans le domaine de l’agriculture vivrière et des industries encore trop jeunes pour soutenir la concurrence des pays industrialisés. À force de vouloir que tout soit marchandise, que tout profite aux plus fortunés - hommes ou pays - on court forcément à l’échec. L’OMC ne sert plus à rien. Arrêtons de nous acharner sur ce Cycle de Doha. Sept ans, ça suffit !

Attac estime que cet échec doit être saisi immédiatement comme une occasion de proposer d’autres règles du commerce, respectant les besoins de l’ensemble des pays et des travailleurs du monde, ainsi que les équilibres écologiques de la planète. Il faut refuser que certains secteurs soit assimilés à des marchandises : l’eau, l’éducation, la santé, les services sociaux et tous les autres domaines qu’il faut préserver de la cupidité financière. Il faut accepter la leçon de la crise alimentaire et reconnaître que la souveraineté alimentaire est un droit qui doit transcender les règles marchandes. Il faut respecter le travail : les milliers de pages des textes de l’OMC ne contiennent pas un mot sur les droits des travailleurs. Il en va de même pour l’environnement, dont la protection est le plus souvent considérée comme un obstacle au commerce.

Il est grand temps que les États qui veulent aller de l’avant se réunissent pour tracer un autre cadre que celui de l’OMC, afin de fournir des règles justes au commerce. À cet égard, l’esquisse qui était contenue dans la Charte de La Havane de 1947 constitue une bien meilleure base que celle de l’OMC. Le mouvement altermondialiste, qui s’appelle dans ce domaine « Our World is not for Sale » (« Notre monde n’est pas à vendre ») et sa branche européenne, dont Attac-France fait partie, sont prêts à participer à ce travail d’élaboration d’un nouveau cadre qui vise le partage, la justice, le respect des droits humains et de l’environnement.

Attac France,

Montreuil, le 30 juillet 2008

2) OMC : Mieux vaut pas d’accord plutôt qu’une braderie

La Confédération paysanne dénonce les marchandages tout azimut qui se trament à l’OMC. La plupart des pays ne veulent pas de ces négociations. Les principaux points de blocage concernent, à raison, l’agriculture. Vouloir brader l’agriculture au bénéfice des échanges commerciaux, des biens et des services est inacceptable. Tout accord qui aboutirait à une obligation de baisse des droits de douanes sera par essence un mauvais accord.

La Confédération paysanne réaffirme la nécessité pour toute politique agricole de se doter d’outils de protection des frontières. Un bilan sur les conséquences d’une ouverture non régulée des frontières doit être fait. La crise financière et la crise alimentaire subies par l’ensemble des citoyens en témoignent. L’absence de protection et d’outils de régulation des marchés agricoles est inévitablement la porte ouverte à la spéculation, dont les conséquences alimentaires, sociales et écologiques sont dramatiques.

Les gouvernants mondiaux doivent comprendre l’urgence de fixer des règles internationales au service de la production, des producteurs, ainsi que des consommateurs, plutôt que de répondre aux exigences du commerce et des spéculateurs.

Au nom du droit à la souveraineté alimentaire, que de plus en plus de pays réclament, l’OMC doit sortir de l’agriculture !

Communiqué Confédération paysanne

Vendredi 1 août 2008

La mauvaise foi fait parfois bon ménage avec l’inutilité : il en va ainsi du plan Espoir Banlieues conçu par Fadéla Amara.

Mauvaise foi, parce que ce catalogue 2008 de la cohésion sociale procède du détournement indélicat de procédures préexistantes.

Détournement de la rénovation urbaine des quartiers, que nous avons déjà engagée aux Coteaux de l’Orge, à Grigny 2 et à La Grande Borne.

Détournement des chantiers de désenclavement des quartiers, dont les 500 millions d’Euros voués au financement des transports collectifs seront ponctionnés sur le fameux Grenelle de l’environnement. Toute honte bue, Espoir banlieues cite le tram-train Massy Evry, via Viry-Chatillon et Grigny, boycotté par l’Etat depuis des années.

Inutilité, parce que les mesures sociales ne suivent pas : du « coaching » pour une poignée de jeunes, des effets d’annonce émanant de quelques entreprises du CAC 40, des navettes de bus vers les lycées élitistes ……………….

Inutilité, en prétendant régler la question du cadre vie par la mise à l’amende des bailleurs sociaux, au moment où nous négocions ferme avec eux sur la qualité du service …….

Démagogie et amateurisme inspirent donc Espoir banlieues, mais le tapage médiatique dissimule un calcul plus concret : l’escamotage de la Dotation de Solidarité Urbaine, la DSU en jargon technocratique.

Cette DSU, Jean-Louis Borloo avait tenté de la renforcer en faveur des communes les plus déshéritées. Sans pavoiser, mon ami Claude Vazquez pouvait dès lors escompter quelques subsides supplémentaires dans les années à venir.

Espoir banlieues va sans doute éteindre cette mince espérance de redistribution, dont nous réclamons avec force l’instauration équitable entre territoires riches et territoires pauvres.

En lieu et place d’une DSU, c’est en effet un régime de subvention que l’on fomente à Matignon : une subvention malléable, révisable, discrétionnaire.

Or, nous sommes élus pour porter des projets collectifs, de longue haleine, pas pour faire antichambre à Bercy en montrant patte blanche pour glaner des subventions.

A suivre donc, d’ici là, bel été à toutes et à tous !

Gabriel Amard

Vendredi 1 août 2008

Devant le juge d’instruction, un ex-dirigeant de l’organisation patronale fait parler les morts, mais ne se souvient d’aucun nom. Un grand numéro de bouffonnerie.

Ils sont formidables, ces dirigeants de l’UIMM, anciens ou actuels, qui défilent depuis des semaines dans le bureau du juge Roger Le Loire. Tous ont à se reprocher des compléments de salaire ou des surretraites versés en espèces. Tous sont mis en examen pour recel d’abus de confiance ; et tous font devant le magistrat le même numéro : « Oui, Monsieur le Juge, il y avait des politiques, des syndicalistes et des journalistes qui ont touché ; mais non, Monsieur le Juge, je ne me souviens pas qui ni comment. »

Puis, leur devoir accompli, ils repartent tranquillement , sans avoir oublié de mettre en cause le MEDEF, l’ex-CNPF, dont la présidente, Laurence Parisot, a eu tort de les flinguer publiquement lors de la découverte de l’affaire.

Le numéro le plus désopilant a été exécuté par Jacques Gagliardi, qui, de 1979 à 1995, fut le directeur des études et des relations extérieures de l’UIMM, un poste aussi stratégique que politique dans une organisation patronale. A preuve, le procès-verbal, de son interrogatoire, en date du 16 juillet, que le « Canard », comme « Le Monde » (25/7) a pu consulter. Professeur d’histoire

A peine installé dans le bureau du juge, Jacques Gagliardi, qui, au temps de ses études en sciences politiques et de sa carrière de militaire, fut un militant de droite dure, lui assène, en guise de déclaration préliminaire, un très approximatif cours d’histoire du patronat de la métallurgie : « Tout le monde sait, dit-il, que bien avant 1914 des campagnes électorales sont financées par le Comité des Forges (ancêtre de l’UIMM). M. Georges Mandel, qui était d’origine modeste, men ait grand train, et tout le monde se demandait d’où il tirait son train de vie. Eh bien, c’était le Comité des Forges qui subvenait à ses besoins, comme pour bien d’autres. »

Ainsi, le seul nom que cite Jacques Gagliardi est celui de Georges Mandel, alors que les historiens de la IIIème République citent bien d’autres noms, mais jamais le sien. Ce choix ne laisse pas de surprendre. Car cet ancien collaborateur de Clémenceau, juif et antiraciste, déporté par les nazis puis livré à Vichy, finira sa vie en 1944 dans une forêt, assassiné par des miliciens. Mandel fut l’un des plus farouches opposants aux accords de Munich et à la politique d’apaisement avec Hitler et Mussolini que cherchaient à imposer les maîtres des forges. Mémoire très sélective

Jacques Gagliardi en vient à 1966, date à laquelle il entre au service d’une filiale de l’UIMM, et , là, il se souvient. Oui, à l’époque, il y avait bien « de la distribution d’argent en espèces à des hommes politiques de tout bord, hormis le Parti Communiste. A l’époque, il n’y avait pas d’extrême droite, mais des membres du Parti Socialiste y participaient pleinement, y compris Mitterrand ». Petit problème : en 1966, François Mitterrand n’était pas membre du Parti Socialiste, dont il ne prit la carte que le jour de 1971 où il en devint, au congrès d’Epinay, le premier secrétaire. Et, en 1966, le PS n’existait pas : il fut créé, sur les restes de la SFIO, en 1969, par Alain Savary.

Puis arrive un morceau de choix qui n’a qu’un but : enquiquiner Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, en mouillant la maison mère. Gagliardi raconte donc au juge que le CNPF, ancêtre du MEDEF, disposait lui aussi d’un outil « politique ». « Le CNPF comptait un Service des études législatives qui, à ma connaissance, avait une tout autre activité et sans garantie (sic). » Après avoir précisé que ce service était aussi financé en liquide, notamment par l’UIMM, Gagliardi refuse de donner le nom de son responsable. Comme il a été cité au moins cinquante fois dans « Le Canard », rappelons qu’il s’appelait Aimé Aubert et que sa discrétion lui a valu le surnom de « Pharaon ».

Faute de questions du juge, Gagliardi passe à un autre sujet. Oui, le patronat de la métallurgie disposait aussi d’un budget presse : « Par exemple, pour financer, il suffisait de payer des placards publicitaires sans que ceux-ci soient publiés. » Le lecteur de cet interrogatoire se met alors à espérer. Gagliardi, qui était aussi responsable des relations presse, va se mettre à parler. Eh bien non ! il en restera là, le juge Roger Le Loire ayant la courtoisie de ne pas insister. Souvenirs partiels

Le magistrat ose enfin une question précise : « Pouvez-vous me dire si ces trois syndicats (CFDT, FO, CGT) étaient les allocataires de M. Pierre Guillem (alors patron de l’UIMM et donc de Gagliardi) ? » Réponse : « Vraisemblablement. Il m’en a peut-être parlé de façon épisodique. » Les amateurs de faux aveux apprécieront ce « vraisemblablement » et le « peut-être ».

Nouvelle question du juge : « Est-ce que cet argent était remis au responsable en titre du syndicat ou à une autre personne du syndicat ? » Réponse : « Je n’en ai aucune idée. » Ben voyons ! De toutes façon, ce n’est pas Pierre Guillen qui risque de contredire Gagliardi : il est décédé, deux semaines avant cette audition.

A propos de la CGT, d’ailleurs, Gagliardi en remet une couche : Guillen lui aurait « dit qu’il leur (sic) donnait quelques centaines de milliers de francs tous les ans ». Un chiffre dérisoire qui na pas fait tiquer le magistrat mais a de quoi déclencher une franche hilarité : ce serait donc seulement pour « quelques centaines de milliers de francs » que la CGT se serait laissé acheter. A ce prix-là, tous les patrons de France et de Navarre auraient dû en profiter !

Toutes les déclarations de Gagliardi sont de ce tonneau, mais le sommet est atteint quand il doit répondre sans rire à cette question : « M. Guillen vous a-t-il demandé un jour de remettredes sommes en espèces de l’UIMM à des tiers ? » La réponse est bien entendu « non ». Encore un peu et Gagliardi jugerait qu’il n’a jamais rencontré un député ou un journaliste.

Non content de faire parler les morts, Gagliardi trouve le moyen de ne pas dire un mot sur les gaullistes, les pompidoliens, les giscardiens qui connaissaient parfaitement les bureaux de l’UIMM, avenue de Wagram. _ Pas un mot non plus sur les journaux anti-Mitterrand qui, durant la campagne présidentielle de 1974, furent fabriqués, comme le démontré à l’époque « Le Canard », aux frais de l’UIMM et au profit du candidat Giscard. Pas un mot, enfin, sur les députés et les sénateurs, parfois membres du PS, dont l’UIMM inspirait les amendements, comme en ont témoigné ici des assistants parlementaires au bon temps du giscardisme triomphant.

Selon les documents saisis par la police, il est désormais établi que Gagliardi a reçu de l’UIMM 500 000 francs en liquide pour fêter son départ à la retraite, 100 000 par an jusqu’en 2001 et 18 000 euros en 2002.

Ses déclarations à la justice, ou plutôt ses non-déclarations, prouvent en tout cas que l’UIMM a eu bien raison de faire profiter ce bon petit soldat de sa caisse noire

Jérôme Canard

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