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Qui sommes nous ?

"Pour la République sociale" est une association qui regroupe des militants issus de divers horizons de la gauche.

Elle se fixe comme objectif l’élaboration d’un projet politique capable de refonder une alternative de gauche à la domination matérielle et culturelle du capitalisme de notre époque.

Ouverte à celles et ceux qui se reconnaissent dans sa déclaration de présentation elle entend contribuer ainsi à une nouvelle union des gauches.

Ses modes d’action sont l’élaboration collective, la formation, l’action militante et l’éducation populaire.

PRS édite une revue.

PRS a été fondée le 31 mai 2004 à l’initiative de Jean-Luc Mélenchon.

Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /2008 19:39

Le dalaï lama effectue en France une visite de douze jours qui se dit à caractère religieux. Elle s’inscrit dans une campagne politique sur la crise tibétaine.

"Chef spirituel et temporel du peuple tibétain", le 14e dalaï-lama, réincarnation du 13e et remontant le fil du temps, incarnation physique du bodhisattva de la compassion, c’est-à-dire le bouddha en devenir, s’impose en référence médiatique internationale incontournable. En ce début du XXIe siècle, n’est-on pas tenté de saluer là un net progrès de l’intelligence humaine ?

Depuis qu’il parcourt le monde, l’hôte aujourd’hui de la France pour une douzaine de jours a su mener sa barque. Mais son nom ne signifie-t-il pas « océan de sagesse », vaste profondeur dans laquelle il puise et façonne des déferlantes d’ambiguïtés sous un visage de vieux gourou sympathique et volontiers railleur. Quand le dalaï-lama flirtait avec la CIA

Selon la doctrine bouddhiste tibétaine, chaque être se réincarne après sa mort. À l’âge de trois ans, Tenzin Gyatso est reconnu, grâce à une série de signes, comme la réincarnation de ses treize prédécesseurs. Le 22 février 1940, il est intronisé dalaï-lama à Lhassa, la capitale du Tibet.

Il a alors quatre ans. « On me demande souvent si je crois réellement cela, disait-il en 1991. Il n’y a pas de réponse simple à cette question. Mais (…) considérant mon expérience dans cette vie et mes croyances bouddhistes, je n’ai aucune difficulté à accepter que j’ai un lien spirituel avec les treize précédents dalaï-lamas (…) et avec le Bouddha lui-même. » Voilà pour la filiation. Côté fréquentations, elles sont tout aussi complexes.

Il est vrai qu’enfant, le saint homme a reçu un nazi autrichien comme précepteur. L’un de ces alpinistes qui attaquaient l’Eiger pour, au retour, avoir le plaisir d’être décoré par Hitler. Le dalaï-lama n’a jamais renié ce maître, auteur de Sept Ans au Tibet, auquel il a rendu visite jusqu’à sa mort. Il eut par la suite d’autres liaisons dangereuses comme le gourou japonais de la secte Aum, Shoko Asahara, qui, en 1995, s’illustra en empoisonnant par gaz les passagers d’un métro de Tokyo, entraînant la mort de plusieurs dizaines de personnes et la contamination de 5 500 autres. Selon une enquête du magazine allemand Stern, les deux hommes se seraient rencontrés à cinq reprises à partir de 1987. Le journaliste Christopher Hitchens, auteur de l’ouvrage His Material Highness, estime que le gourou aurait en outre contribué à hauteur de 1,2 million de dollars à la « cause tibétaine ».

Entre-temps, dans les années soixante, c’est avec la CIA que flirtait le dalaï-lama à raison d’une aide financière et de l’entraînement de groupes armés tibétains renvoyés sur le Toit du monde pour tenter le coup de main contre l’armée chinoise. Les faits sont connus, révélés et confirmés par les agents américains eux-mêmes. Mais l’image médiatique du prix Nobel de la paix en 1989 est telle que personne n’ose vraiment s’en émouvoir !

« Vouloir comprendre la "question tibétaine" à partir des déclarations du dalaï-lama et de ses disciples serait comme vouloir reconstruire la Révolution française en se fiant aux "analyses" de la réaction des nobles réfugiés à l’étranger, et qui tendaient à placer tous leurs espoirs dans les baïonnettes des puissances contre-révolutionnaires », écrit un spécialiste de la région.

Interviewé par le Nouvel Observateur en juin dernier, le chef tibétain ne confiait-il pas que, avant 1959, le Tibet était « fondamentalement » « une société heureuse, une humanité heureuse, paisible en général ». En fait, un régime théocratique des plus arriérés.

Sous son règne, aristocrates et religieux possédaient 95 % du territoire. Les paysans étaient dans leur majorité réduits au servage. Et dans le registre des « lois », les codes 13 et 16 donnaient le moyen de calculer le juste prix du manant que le seigneur souhaitait vendre ou acheter. Une sorte de charia tibétaine donnait le droit à l’autorité de mutiler pour punir. L’obligation politico-religieuse

Que revendique aujourd’hui celui qui se considère comme « le porte-parole libre du peuple tibétain » ? Officiellement, le dalaï-lama se présente comme un modéré, partisan de la ligne médiane. Face aux indépendantistes, il ne réclame « que l’autonomie du Tibet ». Mais sur son étendue dite historique qui engloberait les provinces du Gansu, du Qinhaï, une partie du Sichuan et du Yunnan, où vivent des petites minorités tibétaines, soit près du tiers de la Chine. Quant au régime politique envisagé, il fleure bon un retour à la théocratie, bien que le principal intéressé s’en défende. Pourtant, la séparation entre sphère politique et sphère religieuse est bien absente.

La « Constitution » établie par le gouvernement en exil se conclut avec une « résolution spéciale », approuvée en 1991, dans laquelle on proclame l’obligation politico-religieuse de la « foi » et de l’« allégeance » à l’égard de « Sa Sainteté le dalaï-lama », appelé à « rester avec nous à jamais comme notre chef suprême spirituel et temporel ».

Dominique Bari (paru dans l’Humanité du 12 août 2008)

Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /2008 23:03

Le 25/07, Alexandre Adler titrait sa rubrique du Figaro « L’antisémitisme, ciment du vertige identitaire ». A chacun ses fantasmes, mais quand même : voilà un homme qui veut que l’on prenne au sérieux ses discours et qui pense que l’on peut cimenter le vertige !

Adler ne reculant devant aucun ridicule, n’hésite pas, dans sa rubrique, à faire le parallèle entre l’affaire Siné et l’affaire Dreyfus et à affirmer que Val a la trempe d’un Zola ou d’un général Picard (sans doute veut-il parler du colonel Picquart…)

Il y a pourtant dans l’affaire Dreyfus un épisode qui devrait faire réfléchir Adler, celui de la fabrication du « faux Henry » pour faire condamner Dreyfus. Car si l’on tient absolument, comme le fait Adler, à se référer à l’affaire Dreyfus, ce n’est pas du côté de Siné qu’il faut chercher les fabricants de ce faux mais bien du côté de ceux qui travestissent les propos de Siné pour les transformer en propos antisémites.

C’est plutôt du côté de Bernard Henri Levy qu’il faudrait chercher quand il n’hésite pas dans sa Tribune du Monde du 21/07 à dénaturer les propos de Siné en affirmant que ce dernier avait écrit « en substance » que « la conversion au judaïsme est, dans la France de Sarkozy, un moyen de réussite sociale ». Siné n’a rien écrit de semblable. Il écrivait simplement que Jean Sarkozy avait « déclaré vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive et héritière des fondateurs de Darty ». Tout est au singulier dans le texte de Siné, un homme, une fiancée juive, héritière des fondateurs de Darty, ce qui n’est pas le cas de toutes les fiancées juives…

C’est plutôt du côté d’Ivan Rioufol qu’il faudrait chercher quand il écrit dans sa rubrique « Ce que dévoile l’affaire Siné » du 25 juillet 2008 que ce dernier fait « l’amalgame entre le juif, l’argent, le pouvoir ». Car l’amalgame, c’est Rioufol qui le fait. Siné, lui, ne parle pas de « juif », ou d’ « argent », en général. Il parle d’une fiancée juive bien précise, d’un argent bien précis, celui de la famille Darty. Dans la même rubrique, Rioufol apporte la preuve que l’amalgame est chez lui une constante. Il met sur le même plan antisémitisme, antisionisme, anticapitalisme et altermondialisme. Il écrit, en effet, à propos de « cet antisémitisme bonasse » qui « vient de loin » : « Mais c’est, peu ou prou, un même ressort, davantage dissimulé, qui anime aujourd’hui les discours altermondialistes dénonçant la « marchandisation » du monde, la société du profit, le capitalisme, le sionisme ». Dénoncer la « marchandisation » du monde, la « marchandisation » de la santé, des retraites, des services publics serait donc faire preuve d’antisémitisme. Dénoncer la part de plus en plus importante de la richesse confisquée par les profits au détriment des salaires ce serait faire preuve du même « antisémitisme ». Dénoncer le capitalisme ce serait encore faire preuve d’ « antisémitisme ». Dénoncer le sionisme ce serait toujours faire preuve d’ « antisémitisme ». On comprend mieux pourquoi, avec une analyse aussi inepte de la réalité, Roufiol voit des antisémites partout, surtout là où ils ne sont pas.

Le faux, c’est ce passage du particulier au général qui est la marque du racisme, effectué tant par BHL que par Rioufol, pour pouvoir accuser Siné d’antisémitisme.

Le restant de la rubrique ne relève que de la boursouflure habituelle chez Adler : il n’hésite pas, notamment, à assimiler les signataires de la pétition en faveur de Siné à Drumont ou à Maurras ! Pourquoi pas à Hitler ou à Heydrich ?

Ce dont les Adler, BHL et autre Rioufol ne se sont pas encore vraiment rendu compte, c’est que l’arme de dissuasion massive qu’ils croyaient avoir mis au point et en train de leur exploser au visage. Ils pensaient qu’ils suffisaient, pour les faire taire sans autre forme de procès, d’attribuer le qualificatif infâmant d’antisémite à tous ceux qui osaient critiquer la politique de l’Etat d’Israël envers les Palestiniens, la mondialisation libérale ou même la politique rédactionnelle de Val.

La bonne nouvelle c’est que cela ne marche plus. Il ne sera plus possible maintenant d’isoler un homme ou une femme et de lui imposer, sans procès, la marque immonde de l’antisémitisme. Le mouvement de soutien massif à Siné se reproduirait alors, en plus fort car nourri de la première mobilisation.

Une partie importante de l’opinion comprend qu’en soutenant le licenciement de Siné sous le prétexte infâmant d’antisémitisme, c’est le droit à la liberté d’expression, à la caricature, à la dérision, au blasphème contre les religions ou les grands de ce monde que l’on veut étouffer. Une partie importante de l’opinion comprend que pratiquer l’amalgame entre l’antisémitisme et d’authentiques anti-racistes (Pascal Boniface, Daniel Mermet, Edgar Morin, Noam Chomsky ou Siné) c’est ouvrir un boulevard au véritable antisémitisme. Une partie importante de l’opinion comprend que l’on peut parfaitement être contre la politique d’Olmert et ne pas être antisémite. Une partie importante de l’opinion rejette la police de la pensée que veulent imposer ces petits messieurs, omniprésents dans les médias. Et ce n’est qu’un début : les milliers de signataires de la pétition de soutien à Siné ne sont que la pointe émergée de l’iceberg.

Cette bonne nouvelle, c’est en partie à Val que nous la devons. Qu’il en soit remercié, tout comme il a remercié Siné !

JJ Chavigné 1er aout 2008

P.S. Dans son offensive qu’il croyait décisive contre Siné, Laurent Joffrin, directeur de Libération, s’était tiré une balle dans le pied en assimilant les Juifs à une « race ». Il a tenté de corriger le tir en modifiant le texte de sa rubrique et en écrivant que des termes comme « Communauté » ou « origine » était « plus justes » que celui de « race ». Il ne se rendait donc même pas compte qu’avec une telle « mise au point », il récidivait puisqu’il continuait à considérer que le mot « race » était juste, même si d’autres termes étaient « plus justes ». Imaginons un instant les tombereaux d’insultes qui seraient tombés sur Siné s’il avait employé le mot « race » et récidivé en croyant corriger ses premiers propos.

Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /2008 22:48

La pétition lancée par la fédération CGT des télécommunications contre le projet de privatisation de La Poste, a déjà recueilli 40.000 signatures.

Téléchargez ci-dessous la pétition en format pdf et faites-la circuler !

La pétition lancée par la fédération CGT des télécommunications contre le projet de privatisation de La Poste, a déjà recueilli 40.000 signatures, a affirmé jeudi la CGT dans un communiqué.

Lancée à la mi-juillet, après l’annonce par la direction de la Poste que l’établissement public pourrait être transformé en société anonyme dès 2009, la pétition "Touche pas à ma Poste" a déjà enregistré "40.000 signatures malgré la période estivale et les congés annuels", a souligné le syndicat.

Document PDF - 102.3 ko

La CGT souhaite "faire du 21 août prochain une grande journée nationale de dépôt des premières signatures au cours d’initiatives décentralisées dans les départements et les régions".

Selon le syndicat, "de nombreux élus locaux se mobilisent et soutiennent le service public postal par des courriers, des pétitions, (…) la prise d’initiatives en direction des administrés, etc."

"La population affirme partout son attachement au service public postal" et "des luttes se développent déjà là où des bureaux de poste sont supprimés, où les horaires d’ouverture sont réduits, où les tournées de facteurs ne sont pas assurées", a ajouté le syndicat.

Cinq syndicats de La Poste (CGT, Sud, CFDT, FO et la CFTC) ont déjà convenu d’organiser une "journée d’action nationale" à la rentrée pour protester contre la "privatisation" du service public postal. Ils se réunissent le 2 septembre pour en définir les modalités.

Téléchargez ci-dessous la pétition en format pdf (possibilité de l’imprimer)

Document PDF - 102.3 ko

Signez la pétition en ligne

Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /2008 19:15

1) Attac prend acte de l’échec - un de plus - du Cycle de Doha et se félicite qu’un très mauvais accord ait été évité.

Ce qui était sur la table aurait eu des conséquences graves pour les pays du Nord, dont la France, notamment dans le domaine agricole et dans celui des services (à cause de l’AGCS), de même que pour les pays du Sud, en particulier dans le domaine de l’agriculture vivrière et des industries encore trop jeunes pour soutenir la concurrence des pays industrialisés. À force de vouloir que tout soit marchandise, que tout profite aux plus fortunés - hommes ou pays - on court forcément à l’échec. L’OMC ne sert plus à rien. Arrêtons de nous acharner sur ce Cycle de Doha. Sept ans, ça suffit !

Attac estime que cet échec doit être saisi immédiatement comme une occasion de proposer d’autres règles du commerce, respectant les besoins de l’ensemble des pays et des travailleurs du monde, ainsi que les équilibres écologiques de la planète. Il faut refuser que certains secteurs soit assimilés à des marchandises : l’eau, l’éducation, la santé, les services sociaux et tous les autres domaines qu’il faut préserver de la cupidité financière. Il faut accepter la leçon de la crise alimentaire et reconnaître que la souveraineté alimentaire est un droit qui doit transcender les règles marchandes. Il faut respecter le travail : les milliers de pages des textes de l’OMC ne contiennent pas un mot sur les droits des travailleurs. Il en va de même pour l’environnement, dont la protection est le plus souvent considérée comme un obstacle au commerce.

Il est grand temps que les États qui veulent aller de l’avant se réunissent pour tracer un autre cadre que celui de l’OMC, afin de fournir des règles justes au commerce. À cet égard, l’esquisse qui était contenue dans la Charte de La Havane de 1947 constitue une bien meilleure base que celle de l’OMC. Le mouvement altermondialiste, qui s’appelle dans ce domaine « Our World is not for Sale » (« Notre monde n’est pas à vendre ») et sa branche européenne, dont Attac-France fait partie, sont prêts à participer à ce travail d’élaboration d’un nouveau cadre qui vise le partage, la justice, le respect des droits humains et de l’environnement.

Attac France,

Montreuil, le 30 juillet 2008

2) OMC : Mieux vaut pas d’accord plutôt qu’une braderie

La Confédération paysanne dénonce les marchandages tout azimut qui se trament à l’OMC. La plupart des pays ne veulent pas de ces négociations. Les principaux points de blocage concernent, à raison, l’agriculture. Vouloir brader l’agriculture au bénéfice des échanges commerciaux, des biens et des services est inacceptable. Tout accord qui aboutirait à une obligation de baisse des droits de douanes sera par essence un mauvais accord.

La Confédération paysanne réaffirme la nécessité pour toute politique agricole de se doter d’outils de protection des frontières. Un bilan sur les conséquences d’une ouverture non régulée des frontières doit être fait. La crise financière et la crise alimentaire subies par l’ensemble des citoyens en témoignent. L’absence de protection et d’outils de régulation des marchés agricoles est inévitablement la porte ouverte à la spéculation, dont les conséquences alimentaires, sociales et écologiques sont dramatiques.

Les gouvernants mondiaux doivent comprendre l’urgence de fixer des règles internationales au service de la production, des producteurs, ainsi que des consommateurs, plutôt que de répondre aux exigences du commerce et des spéculateurs.

Au nom du droit à la souveraineté alimentaire, que de plus en plus de pays réclament, l’OMC doit sortir de l’agriculture !

Communiqué Confédération paysanne

Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /2008 19:10

La mauvaise foi fait parfois bon ménage avec l’inutilité : il en va ainsi du plan Espoir Banlieues conçu par Fadéla Amara.

Mauvaise foi, parce que ce catalogue 2008 de la cohésion sociale procède du détournement indélicat de procédures préexistantes.

Détournement de la rénovation urbaine des quartiers, que nous avons déjà engagée aux Coteaux de l’Orge, à Grigny 2 et à La Grande Borne.

Détournement des chantiers de désenclavement des quartiers, dont les 500 millions d’Euros voués au financement des transports collectifs seront ponctionnés sur le fameux Grenelle de l’environnement. Toute honte bue, Espoir banlieues cite le tram-train Massy Evry, via Viry-Chatillon et Grigny, boycotté par l’Etat depuis des années.

Inutilité, parce que les mesures sociales ne suivent pas : du « coaching » pour une poignée de jeunes, des effets d’annonce émanant de quelques entreprises du CAC 40, des navettes de bus vers les lycées élitistes ……………….

Inutilité, en prétendant régler la question du cadre vie par la mise à l’amende des bailleurs sociaux, au moment où nous négocions ferme avec eux sur la qualité du service …….

Démagogie et amateurisme inspirent donc Espoir banlieues, mais le tapage médiatique dissimule un calcul plus concret : l’escamotage de la Dotation de Solidarité Urbaine, la DSU en jargon technocratique.

Cette DSU, Jean-Louis Borloo avait tenté de la renforcer en faveur des communes les plus déshéritées. Sans pavoiser, mon ami Claude Vazquez pouvait dès lors escompter quelques subsides supplémentaires dans les années à venir.

Espoir banlieues va sans doute éteindre cette mince espérance de redistribution, dont nous réclamons avec force l’instauration équitable entre territoires riches et territoires pauvres.

En lieu et place d’une DSU, c’est en effet un régime de subvention que l’on fomente à Matignon : une subvention malléable, révisable, discrétionnaire.

Or, nous sommes élus pour porter des projets collectifs, de longue haleine, pas pour faire antichambre à Bercy en montrant patte blanche pour glaner des subventions.

A suivre donc, d’ici là, bel été à toutes et à tous !

Gabriel Amard

Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /2008 14:44

Devant le juge d’instruction, un ex-dirigeant de l’organisation patronale fait parler les morts, mais ne se souvient d’aucun nom. Un grand numéro de bouffonnerie.

Ils sont formidables, ces dirigeants de l’UIMM, anciens ou actuels, qui défilent depuis des semaines dans le bureau du juge Roger Le Loire. Tous ont à se reprocher des compléments de salaire ou des surretraites versés en espèces. Tous sont mis en examen pour recel d’abus de confiance ; et tous font devant le magistrat le même numéro : « Oui, Monsieur le Juge, il y avait des politiques, des syndicalistes et des journalistes qui ont touché ; mais non, Monsieur le Juge, je ne me souviens pas qui ni comment. »

Puis, leur devoir accompli, ils repartent tranquillement , sans avoir oublié de mettre en cause le MEDEF, l’ex-CNPF, dont la présidente, Laurence Parisot, a eu tort de les flinguer publiquement lors de la découverte de l’affaire.

Le numéro le plus désopilant a été exécuté par Jacques Gagliardi, qui, de 1979 à 1995, fut le directeur des études et des relations extérieures de l’UIMM, un poste aussi stratégique que politique dans une organisation patronale. A preuve, le procès-verbal, de son interrogatoire, en date du 16 juillet, que le « Canard », comme « Le Monde » (25/7) a pu consulter. Professeur d’histoire

A peine installé dans le bureau du juge, Jacques Gagliardi, qui, au temps de ses études en sciences politiques et de sa carrière de militaire, fut un militant de droite dure, lui assène, en guise de déclaration préliminaire, un très approximatif cours d’histoire du patronat de la métallurgie : « Tout le monde sait, dit-il, que bien avant 1914 des campagnes électorales sont financées par le Comité des Forges (ancêtre de l’UIMM). M. Georges Mandel, qui était d’origine modeste, men ait grand train, et tout le monde se demandait d’où il tirait son train de vie. Eh bien, c’était le Comité des Forges qui subvenait à ses besoins, comme pour bien d’autres. »

Ainsi, le seul nom que cite Jacques Gagliardi est celui de Georges Mandel, alors que les historiens de la IIIème République citent bien d’autres noms, mais jamais le sien. Ce choix ne laisse pas de surprendre. Car cet ancien collaborateur de Clémenceau, juif et antiraciste, déporté par les nazis puis livré à Vichy, finira sa vie en 1944 dans une forêt, assassiné par des miliciens. Mandel fut l’un des plus farouches opposants aux accords de Munich et à la politique d’apaisement avec Hitler et Mussolini que cherchaient à imposer les maîtres des forges. Mémoire très sélective

Jacques Gagliardi en vient à 1966, date à laquelle il entre au service d’une filiale de l’UIMM, et , là, il se souvient. Oui, à l’époque, il y avait bien « de la distribution d’argent en espèces à des hommes politiques de tout bord, hormis le Parti Communiste. A l’époque, il n’y avait pas d’extrême droite, mais des membres du Parti Socialiste y participaient pleinement, y compris Mitterrand ». Petit problème : en 1966, François Mitterrand n’était pas membre du Parti Socialiste, dont il ne prit la carte que le jour de 1971 où il en devint, au congrès d’Epinay, le premier secrétaire. Et, en 1966, le PS n’existait pas : il fut créé, sur les restes de la SFIO, en 1969, par Alain Savary.

Puis arrive un morceau de choix qui n’a qu’un but : enquiquiner Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, en mouillant la maison mère. Gagliardi raconte donc au juge que le CNPF, ancêtre du MEDEF, disposait lui aussi d’un outil « politique ». « Le CNPF comptait un Service des études législatives qui, à ma connaissance, avait une tout autre activité et sans garantie (sic). » Après avoir précisé que ce service était aussi financé en liquide, notamment par l’UIMM, Gagliardi refuse de donner le nom de son responsable. Comme il a été cité au moins cinquante fois dans « Le Canard », rappelons qu’il s’appelait Aimé Aubert et que sa discrétion lui a valu le surnom de « Pharaon ».

Faute de questions du juge, Gagliardi passe à un autre sujet. Oui, le patronat de la métallurgie disposait aussi d’un budget presse : « Par exemple, pour financer, il suffisait de payer des placards publicitaires sans que ceux-ci soient publiés. » Le lecteur de cet interrogatoire se met alors à espérer. Gagliardi, qui était aussi responsable des relations presse, va se mettre à parler. Eh bien non ! il en restera là, le juge Roger Le Loire ayant la courtoisie de ne pas insister. Souvenirs partiels

Le magistrat ose enfin une question précise : « Pouvez-vous me dire si ces trois syndicats (CFDT, FO, CGT) étaient les allocataires de M. Pierre Guillem (alors patron de l’UIMM et donc de Gagliardi) ? » Réponse : « Vraisemblablement. Il m’en a peut-être parlé de façon épisodique. » Les amateurs de faux aveux apprécieront ce « vraisemblablement » et le « peut-être ».

Nouvelle question du juge : « Est-ce que cet argent était remis au responsable en titre du syndicat ou à une autre personne du syndicat ? » Réponse : « Je n’en ai aucune idée. » Ben voyons ! De toutes façon, ce n’est pas Pierre Guillen qui risque de contredire Gagliardi : il est décédé, deux semaines avant cette audition.

A propos de la CGT, d’ailleurs, Gagliardi en remet une couche : Guillen lui aurait « dit qu’il leur (sic) donnait quelques centaines de milliers de francs tous les ans ». Un chiffre dérisoire qui na pas fait tiquer le magistrat mais a de quoi déclencher une franche hilarité : ce serait donc seulement pour « quelques centaines de milliers de francs » que la CGT se serait laissé acheter. A ce prix-là, tous les patrons de France et de Navarre auraient dû en profiter !

Toutes les déclarations de Gagliardi sont de ce tonneau, mais le sommet est atteint quand il doit répondre sans rire à cette question : « M. Guillen vous a-t-il demandé un jour de remettredes sommes en espèces de l’UIMM à des tiers ? » La réponse est bien entendu « non ». Encore un peu et Gagliardi jugerait qu’il n’a jamais rencontré un député ou un journaliste.

Non content de faire parler les morts, Gagliardi trouve le moyen de ne pas dire un mot sur les gaullistes, les pompidoliens, les giscardiens qui connaissaient parfaitement les bureaux de l’UIMM, avenue de Wagram. _ Pas un mot non plus sur les journaux anti-Mitterrand qui, durant la campagne présidentielle de 1974, furent fabriqués, comme le démontré à l’époque « Le Canard », aux frais de l’UIMM et au profit du candidat Giscard. Pas un mot, enfin, sur les députés et les sénateurs, parfois membres du PS, dont l’UIMM inspirait les amendements, comme en ont témoigné ici des assistants parlementaires au bon temps du giscardisme triomphant.

Selon les documents saisis par la police, il est désormais établi que Gagliardi a reçu de l’UIMM 500 000 francs en liquide pour fêter son départ à la retraite, 100 000 par an jusqu’en 2001 et 18 000 euros en 2002.

Ses déclarations à la justice, ou plutôt ses non-déclarations, prouvent en tout cas que l’UIMM a eu bien raison de faire profiter ce bon petit soldat de sa caisse noire

Jérôme Canard

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Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /2008 19:30

Quand on vous dit Résistance, vous pensez à qui ? Bien sûr, Jean Moulin. Ça va de soi. 65 ans qu’il est mort, sous les coups des nazis, mort par la torture, sans avoir parlé… Le héros absolu. On en a parlé ces jours-ci ? Pas vu, et vous ? Oui, on sait bien, il faut attendre des anniversaires à chiffres ronds pour marquer le coup : 50, 60, 100. C’est mieux, il paraît. Ah bon… On veut bien. Jean Moulin, c’était d’abord un homme, seulement un homme. Homme de courage, homme de parole certes, mais homme d’abord. Alors, quand on relit un peu sa vie, ses combats, on ne peut pas s’empêcher de se dire, et moi, je ferais quoi ? Pas sûr que nous restions muets sous les coups. Et vous ? Oui, c’est une question imbécile, puisque n’est-ce pas, plus personne en ce monde ne torture plus personne… Mais pour autant, ce n’est pas anodin de se la poser. Qui sait…

En deux lignes, rapidement, juste pour ne pas l’oublier. Jean Moulin, plus jeune sous-préfet de France, à 27 ans (et plus jeune préfet à 38), il participe à l’action du Front Populaire et aide l’Espagne républicaine. En 40, alors en poste à Chartres il refuse de laisser accuser de crimes des troupes coloniales, crimes sordides, des pires qu’on puisse imaginer. La nuit suivante, il tente de se suicider. Vous savez bien, cet éternel foulard… C’était pour masquer la cicatrice. On a des élégances, chez les héros. Les francs-maçons ne sont pas bien en cour non plus en ce temps-là : mis en disponibilité… et révoqué, ou plus courtoisement, mis à la retraite par Vichy en 42, pour avoir refusé d’être réintégré. Cet homme était décidément d’une élégance rare… En 43, c’est lui qui va unifier les réseaux de résistance de la zone Sud. C’est aussi grâce à lui que les communistes se rallient : il aura envoyé Grenier à Londres. Il crée le Conseil National de la Résistance. Dénoncé, arrêté à Caluire le 21 juin, « interrogé » par Klaus Barbie –rien que d’écrire le nom tu en as des frissons…- il va mourir le 8 juillet en gare de Metz, dans le train qui l’emmenait en Allemagne. Plus de deux semaines de questions, de « question ». Insupportable d’y penser. Fin d’une histoire, fin d’une vie, fin d’un Homme. Qui conjuguait lui aussi le verbe résister au présent… Si vous faîtes un tour à Paris cet été, un passage au Panthéon. Il y côtoie Jaurès, et Hugo, et Schoelcher. Non non, y a pas que des militaires dans ce lieu-là… On y met aussi des préfets, de ceux qu’on peut fréquenter…

bb prs 57    
Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /2008 18:29

 

Le rôle de la gauche est indissociable de sa forme d’organisation. Parti de toute la gauche ou front de gauche ? La question a animé le dernier banquet républicain de Gauche Avenir.

L’affiche était originale. Elle a d’ailleurs attiré plus de deux cents personnes, le 7 juillet, pour un dîner débat dans un restaurant chinois de Belleville. Mais la question, trop simple. En invitant Jean-Luc Mélenchon, président de Pour la République sociale (PRS), Emmanuel Maurel, conseiller régional et membre, comme le sénateur de l’Essonne, du bureau national du PS, Marie-Pierre Vieu, jeune dirigeante du PCF et vice-président de la région Midi-Pyrénées, et Eric Ferrand, conseiller régional MRC, le club Gauche Avenir avait choisi de mêler les tendances et les générations.

Celles-ci ne pouvaient toutefois guère donner toute mesure en s’en tenant au sujet de la soirée. Demander « à quoi peut servir la gauche aujourd’hui » conduit forcément à des réponses concises. Elle « doit servir à organiser la riposte » à la série d’offensives du capitalisme libéral qui touche toujours les plus faibles, avance Emmanuel Maurel. « A changer la vie », assure Marie-Pierre Vieu. A « s’opposer résolument au sarkozysme », répond Eric Ferrand, qui ne souhaite pas que cette opposition « esquive le projet de gauche ». « Notre rôle est d’introduire dans l’histoire la maîtrise humaine sur les évènements, et nous n’avons pas d’autre outil pour cela que la démocratie », philosophe Jean-Luc Mélenchon, qui précise que face à la radicalité de la crise « on ne réglera rien si on ne commence pas d’abord par dominer et maîtriser les contradictions du capitalisme dans l’objectif de dépasser le capitalisme ». Y renoncer, avertit-il, c’est « renoncer non seulement au socialisme mais même à la République ».

C’est donc sur les moyens d’y parvenir que les échanges ont été les plus vifs. Quelle organisation des partis politiques ? Faut-il une nouvelle force ? De quelle nature ? Marie-Pierre Vieu fait part de ses interrogations. Elle justifie avoir signé l’appel de Politis, « une tribune qui marque la volonté de faire émerger l’alternative d’une gauche à vocation majoritaire et de prolonger toutes les expériences » des luttes de ces dernières années en France, mais aussi celles qui se sont fait jour à l’étranger, comme Die Linke en Allemagne.

Faut-il aller vers un grand parti de toute la gauche ? Les socialistes Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès en avancent l’idée depuis près d‘un an. Sans faire l’unanimité au sein de Gauche avenir, le club qu’ils animent. Ce dernier, créé au lendemain de la défaite présidentielle, sur la base d’un appel de 18 personnalités, élus, syndicalistes, universitaires ou journalistes, est un club indépendant. Il est né du refus de l’alliance au centre, présenté alors comme l’avenir du PS, et de la volonté de reprendre l’offensive idéologique face à la droite. Il s’est attaché dés l’origine à fédérer des socialistes, des communistes, des républicains, des Verts, et des hommes et des femmes d’aucun parti. Et à « proposer aux principaux courants de la gauche une base idéologique à la fois fidèle à leurs histoires et moderne vis-à-vis des défis contemporains », qui a pris la forme, après maints échanges, d’un petit livre, Fiers d’être de gauche, présenté comme une « contribution pour l’unité de la gauche ».

 

Mais quelle unité ? Convaincu que les électeurs se reportent sur des « partis léninistes » chaque fois que la gauche va mal, Eric Ferrand, conseiller régional MRC, se prononce « pour une fédération qui rassemble ceux qui veulent gouverner » et refuse tout net d’« aller vers ceux qui se nourrissent de la désorientation des formations de gauche ». Marie-Pierre Vieu avertit : « La gauche est plurielle », et pas plus qu’elle ne pense que le rassemblement de la gauche peut se faire autour de son parti, elle ne croit qu’il puisse « se faire autour du seul parti socialiste ». En écho au « débat de fond » rappelé par Jean-Luc Mélenchon, elle constate « que l’ensemble de la gauche ne prétend pas dépasser le capitalisme, loin de là ». Avant d’ironiser : « Peut-on être libéral et de gauche ? ».

 

« La question de l’unité nous divise », admet Marie-Noëlle Lienemann. Persuadée qu’un Linkspartei à la française « arrangerait les sociaux-démocrates de droite », qui savent qu’avec « le système de la présidentielle ils ont entre leurs mains l’orientation finale » tant que ce « pôle de gauche n’aura pas les capacités et la force d’être le premier parti de la gauche », elle juge que le rassemblement de « toutes les forces de gauche dans une même structure » serait plus efficace pour donner à la gauche un centre de gravité conforme à l’image du peuple de gauche. Une position qui la conduit aussi à refuser, pour l’heure, une motion commune de la gauche du PS au congrès de Reims.

Cela suscite sur ces deux plans une forte réplique de Jean-Luc Mélenchon. Le sénateur de l’Essonne « adjure la gauche du PS de se rassembler » pour tenter d’obtenir que le PS rompe avec « la ligne démocrate » qui aboutit à « casser la gauche ». Et « si le congrès du PS n’aboutit qu’à un replâtrage de plus qui ne tranche rien, nous devons avoir comme proposition la constitution d’un front de gauche, d’un nouveau front populaire », lance-t-il. Car « le but de l’unité, c’est de rassembler le peuple » sur un programme qui soit un drapeau. Et de conclure, lyrique, que « lorsque l’inacceptable s’avance, la seule réponse, c’est "non" ».

Dans une ultime tentative de conciliation, Emmanuel Maurel assure que « le PS n’est pas au point du SPD » allemand. Selon lui, « la question ne se pose pas encore, aujourd’hui ». Mais demain…


Michel Soudais


Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /2008 22:48
Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que :

état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.

Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.

Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.

Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :

  • exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de Surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,

     

  • sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,

     

  • s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.

http://nonaedvige.ras.eu.org/petitions/?signe=oui
Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /2008 14:06

L’adoption en première lecture par l’Assemblée Nationale du projet de loi sur la réforme du temps de travail dans la nuit de lundi à mardi ouvre la voie à l’une des plus lourdes régressions sociales mises en œuvre par ce gouvernement.

Celle-ci frappe par l’étendue des victimes. Les cadres, notamment, qui pouvaient parfois se croire protégés par la droite, sont en plein dans le collimateur. Et en particulier tous ceux qui sont au « forfait jours » (c’est-à-dire ceux dont on estime qu’il est impossible de compter ou de limiter leur temps de travail horaire, qui bénéficient à la place d’une limitation du nombre de jours travaillés par an).

 

Jusqu'à présent, le maximum de jours de travail annuels pour ces « forfaits jours » était de 218. Or la réforme gouvernementale permettrait d'aller jusqu'à 282 jours de travail. Certes un amendement a fixé à 235 jours le nombre maximum de jours travaillés en l’absence d’accord d’entreprise... mais il sera possible d’aller jusqu'à 282 jours si un tel accord le prévoit.

Sortons les calculettes. A quoi correspondent 235 jours de travail par an ? 365 jours moins 52 dimanches moins 52 samedis moins le premier mai moins 25 jours de congés payés légaux (cinq semaines de cinq jours) font exactement… 235 jours. Concrètement, cela veut dire la suppression de tous les jours de RTT mais aussi de tous les jours fériés chômés et payés comme le 1er janvier, le 15 août ou le 14 juillet (25 jours par an !). Idem pour la durée maximale de 282 jours, qui correspond à un travail 6 jours sur 7 toute l’année sauf le premier mai et les 30 jours (cinq semaines de six jours) de congés légaux. En bref cela revient à supprimer toute durée légale maximale : il est tout simplement impossible de travailler plus sauf à remettre en cause la loi sur les cinq semaines de congés payés ou les conventions internationales qui reconnaissent le droit à un jour de repos hebdomadaire.

Une telle suppression des limitations du temps de travail va à l’encontre des mesures qui ont été prises depuis plus d’un siècle, notamment pour préserver la santé au travail. Les récents suicides de cadres chez Renault en ont pourtant rappelé la triste actualité : travailler trop tue. De plus, contrairement à la propagande gouvernementale, « travailler plus » ne permettra même pas de « gagner plus » puisque la réforme gouvernementale permettrait aussi de déroger à la majoration salariale de 25% des premières heures supplémentaires pour la réduire à seulement 10%.

Pour l’instant, ces nouvelles durées maximales ne s’appliqueront qu’en cas d’accord au niveau de la branche mais aussi de l’entreprise. C’est sans doute là le principal tournant de notre droit social. En consacrant la suprématie du contrat sur la loi comme celle de l’accord d’entreprise sur la négociation de branche, le gouvernement ne se contente pas d’épouser la mode idéologique du moment en faveur de la « proximité », de l’individualisation, de la contractualisation. Il fait de la durée du travail l’un des facteurs de la concurrence entre entreprises. Demain, plus rien n’empêchera que le chantage aux délocalisations ou aux contrats perdus soit brandi pour obliger les salariés à augmenter leur temps de travail sans qu’aucune limite légale ne s’y oppose. Et dès lors qu’une entreprise dans un secteur réduira les droits de ses salariés pour diminuer le coût de ses prestations, il « faudra bien » que les autres s’alignent. La protection uniforme de la loi, seule manière d’assurer l’égalité des citoyens au travail, cèdera la place à un droit du travail « individualisé », atomisé, remplaçant les solidarités collectives par la concurrence de tous contre tous dans une course effrénée au moins-disant social.

Cette histoire ne se terminera pas avec l’adoption finale de la loi à la fin du mois. C’est un combat de longue ampleur qui se dessine. Il faudra l’apport des luttes sociales pour contraindre le législateur à revenir sur ces mesures. Mais il faudra aussi l’apport spécifique du combat politique. En la matière, la ligne social-démocrate ne constitue pas un instrument de résistance efficace car elle aussi place le contrat au-dessus de la loi. De son côté, la ligne démocrate, qui partage avec la ligne social-démocrate la volonté d’assurer la supériorité du contrat ( Ségolène Royal avait ainsi déclaré pendant la « primaire » socialiste : « le contrat se substituera à la loi »), prône en outre la dissolution des statuts collectifs au profit de l’individualisation des rapports sociaux. C’est-à-dire exactement ce qu’opère cette réforme du temps de travail ! Dans ce contexte, seul le socialisme républicain, parce qu’il établit la suprématie de la loi sur le contrat au nom de l’ordre public social et de l’égalité des citoyens, constitue une riposte pertinente.

François Delapierre


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