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Qui sommes nous ?

"Pour la République sociale" est une association qui regroupe des militants issus de divers horizons de la gauche.

Elle se fixe comme objectif l’élaboration d’un projet politique capable de refonder une alternative de gauche à la domination matérielle et culturelle du capitalisme de notre époque.

Ouverte à celles et ceux qui se reconnaissent dans sa déclaration de présentation elle entend contribuer ainsi à une nouvelle union des gauches.

Ses modes d’action sont l’élaboration collective, la formation, l’action militante et l’éducation populaire.

PRS édite une revue.

PRS a été fondée le 31 mai 2004 à l’initiative de Jean-Luc Mélenchon.

Mercredi 2 juillet 2008
L’Assemblée nationale adopte une loi sur la généralisation des partenariats public-privé, qui témoigne de la volonté du gouvernement de livrer rapidement au secteur privé la quasi-intégralité des marchés publics.

L’adoption en première lecture d’une loi sur les « contrats de partenariats », prévue ce 26 juin à l’Assemblée nationale, ne fera pas grand bruit. Pourtant, la généralisation de ces contrats, nommés aussi partenariats public-privé (PPP), en dit long sur la volonté gouvernementale de livrer rapidement au secteur privé la quasi-intégralité des marchés publics. Les dates des 25 et 26 juin ont été fixées au dernier moment et ont pris de court l’opposition, les députés de gauche ayant, de plus, à préparer le débat sur le projet de loi déréglementant le temps de travail.

À l’origine, cette loi, déjà adoptée au Sénat en avril, a été écrite sur mesure pour satisfaire la demande pressante de lobbies d’accéder à la commande publique [1]. « Les majors du BTP et de la finance, très proches du pouvoir politique, voient s’ouvrir un marché énorme, débarrassé des principes des marchés publics », constate Denis Dessus, vice-président du Conseil national de l’Ordre des architectes. « Il n’y aura plus de concours d’architecture. C’est l’opérateur privé qui choisira le professionnel. Il n’y aura plus d’appels d’offres permettant aux entreprises de proposer leurs meilleures prestations. C’est l’opérateur qui, sans entrave ni besoin de justification, retiendra celles avec qui il veut travailler », explique le député socialiste Jean-Jacques Urvoas, membre de la commission des lois à l’Assemblée nationale, qui a examiné le texte.

En février, Rachida Dati présente le partenariat avec Bouygues pour les prisons. Demarthon/AFP

Le texte « a, en fait, pour objet de généraliser la procédure des PPP à tout marché public, bien au-delà des limites posées par le Conseil constitutionnel. Cette procédure aboutit à confier à un “grand groupe” non seulement la conception [l’architecture] et la totalité de la construction d’un équipement public, mais aussi son financement, son exploitation, sa maintenance et son entretien », explique le socialiste Jean-Pierre Sueur, qui a bataillé contre le projet de loi au Sénat. Tous les marchés sont concernés : des partenariats pourront être réalisés dans les hôpitaux, les prisons, les écoles, les musées, la police, la recherche et bien d’autres secteurs. Si l’on en croit l’Observatoire économique de l’achat public, en 2006, le montant total des marchés recensés, État et service public local confondus, représentent plus de 59 milliards d’euros, dont 20 milliards relèvent de travaux.

Pourtant, les PPP promus par l’Élysée sont considérés comme des « bombes fiscales à retardement », prévient Denis Dessus. Celui-ci rappelle que, dans son rapport 2007, la Cour des comptes avait déjà dénoncé la mauvaise utilisation des fonds publics dans ces procédures. « Une forme de cavalerie financière est en train de se mettre en place, qu’on a déjà connue avec l’opération des lycées d’Île-de-France, dont chacun se souvient. Les PPP sont une forme d’investissement qui cache une réalité de surcoûts, insiste le député communiste Roland Muzeau. Passer d’une dépense d’investissement à une dépense de fonctionnement est un procédé qui va grever durablement le budget des collectivités. On sait tous que ces surcoûts sont importants. Ils ont été évalués dans certains cas à 20 %, voire plus. » « Comment accepter, en ces temps de développement durable, une loi qui ferait payer plus cher aux générations futures nos besoins d’aujourd’hui ? », s’interrogent architectes, ingénieurs-conseils, géomètres experts et économistes de la construction dans une lettre ouverte au président de la République.

À ces critiques, il faut ajouter que la loi sur les PPP introduit une nouveauté idéologique. Elle organise en effet le contraire de la concurrence libre et non faussée promise par les libéraux de l’UMP en chassant des milliers d’entreprises de la procédure traditionnelle de passation des marchés publics. « Moi qui croyais que l’UMP était favorable au libéralisme et donc à la concurrence… Voilà en tout cas un texte qui construit des oligopoles et qui renforce les concentrations ! », s’est exclamé il y a quelques jours le député socialiste Jean-Jacques Urveoas, à l’issue des réunions en commission des lois.

On doit pourtant l’initiative d’un projet de loi aux néolibéraux. L’Élysée n’a eu qu’à reprendre les travaux de l’Institut de la gestion déléguée (IGD), auteur de la « seconde initiative en faveur des PPP », publiée en octobre 2007. Nicolas Sarkozy en personne a invité le gouvernement à plancher sur les travaux de la mission d’appui aux PPP, animée par Noël de Saint-Pulgent, et à ceux de Claude Martinant, actuel président de l’IGD… Le très libéral Hervé Novelli, actuel secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, ex-député qui a exercé la présidence du Groupe d’études parlementaires sur les PPP, a largement contribué à la rédaction du projet de loi. Et ce n’est pas un hasard si Claude Goasguen, vice-président du Groupe d’études parlementaires sur les PPP, a été nommé rapporteur UMP du projet de loi.

La loi « Bouygues » sur les PPP pourra être un des principaux leviers pour réduire de façon drastique le champ des services publics. Elle a été surnommée ainsi depuis l’attribution en PPP de trois projets de construction de prisons à la multinationale Bouygues et à ses filiales. C’était en février, quelques jours après la présentation en Conseil des ministres du projet de loi.

Thierry Brun

Mercredi 2 juillet 2008

« Être des facilitateurs du rassemblement de l’aile gauche du parti mais pas à n’importe quel prix » : Trait d’union, la sensibilité animée par Jean-Luc Mélenchon, a, à son tour, sacrifié, à la présentation à la presse de sa contribution en vue du congrès de Reims. Ce courant « de gauche décomplexée » entend « se battre à visage découvert ». La perspective ? « réinventer la gauche ». Sans illusion quant à la possibilité de devenir majoritaire dans le parti, mais attentif à faire vivre « les ressorts de gauche » qui existent historiquement au sein du PS, le congrès s’annonce « tristounet, mic-mac-ratatouille », selon le sénateur de l’Essonne. Lequel lance un appel aux militants qui n’approuvent pas la « mutation définitive » du PS en un Parti démocrate à l’italienne : « Aidez-moi, n’acceptez pas le potage. »

Vers une motion commune avec qui ? Jean-Luc Mélenchon n’écarte rien mais fixe des limites de contenu. C’est sa revue de détail des questions « clivantes » pour « politiser » le congrès et inciter à un vrai débat sur « l’orientation générale de la gauche face à la droite de notre temps ». Trait d’union discerne six points qui font la différence : le rapport à l’ordre du monde dominé par les USA ; la politique européenne ; le choix de l’implication populaire pour le changement ; le nouveau partage des richesses ; la place de l’État et du collectif dans l’économie ; la stratégie d’alliance ancrée à gauche. L’un des acteurs les plus résolus du « non » au traité constitutionnel européen veut bien dépasser les querelles internes. À condition toutefois de ne pas dépasser le verdict des Français : le « non » a gagné. Reste à proposer « un plan D ». Une solution existe, souligne Jean-Luc Mélenchon : c’est la démocratie. Et de proposer « de donner un mandat constituant au prochain Parlement européen ». De quoi vivifier le débat l’an prochain lors de la campagne des européennes.

À propos du « combat central » qui est celui des partages des richesses, pas question pour Trait d’union d’être à équidistance du capital et du travail : « Il faut choisir. » Et il choisit : « Les dix points de part de la richesse nationale qui sont passés depuis vingt-cinq ans de la rémunération du travail à celle du capital constituent notre marge de manoeuvre pour une politique socialiste de réformes radicales bien financée. » Choisir : c’est le cas encore en matière d’institutions. Le sénateur reprend au passage le flambeau « d’une VIe République parlementaire de démocratie continue » dont le chantier avait été lancé puis abandonné par Arnaud Montebourg. Le but de la réforme étant « d’associer la population à la définition du bien commun » et de trancher entre la forme parlementaire et la forme présidentialiste. « C’est l’angle mort de la réflexion sur l’échec des gouvernements de gauche, dont la pratique a été coupée de l’implication populaire. » Autre clivage : la place de l’État. Il s’agit de le « réhabiliter ». Il propose un travail pédagogique sur l’intérêt général. Notamment à partir de ce qu’il considère comme une nécessité : une planification écologique. Choisir, c’est enfin le choix de la gauche, dont il s’agit de « reprendre de zéro le chantier de l’unité ». Avec une initiative : des Assises de la gauche du XXIe siècle ».

Dominique Bègle

Source : http://www.humanite.fr

Lundi 30 juin 2008

Attention l’effet d’optique peut être dangereux. Certes il ne se passe pas de semaine sans que le pouvoir en place ne donne des signes stupéfiants de fragilité politique. Les sondages, qui créent le climat politique plus qu’ils ne le mesurent, sont désastreux pour Sarkozy. Le groupe UMP du Sénat taille chaque jour en pièces le travail du groupe UMP de l’Assemblée nationale sur le projet de réforme des institutions qu’ils sont censés adopter dans les mêmes termes d’ici un mois seulement. Les relations entre le président de la République et le Premier Ministre s’installent dans une franche hostilité tandis que le bruit des couteaux que l’on aiguise emplit les couloirs de l’UMP. A l’évidence les institutions du pays ne fonctionnent pas normalement. La crise politique campe fermement au cœur du régime. Mais dans le même temps, la droite avance et marque sans cesse des points sur ses objectifs essentiels.


Ainsi, alors que l’actualité médiatique foisonne (polémique sur l’INSEE, centre de rétention en flammes, Sarkozy devant la Knesset…) et détourne l’attention, le gouvernement est en passe de réussir un nouveau hold-up dans les poches des salariés. La droite n’a pas oublié d’être de droite. Son combat central, celui autour duquel s’organisent tous les autres, est d’assurer au capital une part toujours plus grosse du gâteau, un partage des richesses toujours plus favorable aux actionnaires et toujours plus défavorable aux salariés. Comme le dit Jean-Pierre Raffarin, « victoire politique ne veut pas dire forcément victoire sociale » (émission Le Franc Parler). La victoire sociale est la raison d’être de la victoire politique. C’est elle que visent les deux décisions récentes du gouvernement sur le SMIC et sur les 35 heures.

Le choix du gouvernement de ne pas donner de coup de pouce au SMIC est tellement choquante que ce dernier a du lancer un contrefeu, à l’instant même où il l’a rendu publique, sous la forme d’une campagne publicitaire vantant ses efforts de promotion du pouvoir d’achat. Car cela fait maintenant deux années de suite que le soi-disant « président du pouvoir d’achat » refuse tout coup de pouce au SMIC. Même Chirac consentait à faire en la matière un geste modeste. Sarkozy, lui, ne lâche rien. La hausse du 1er juillet ne dépassera pas l’obligation légale de 0,9%, soit seulement 8 centimes de plus de l’heure. Alors même que l’INSEE révèle que le pouvoir d’achat des ménages a baissé depuis un an et prévoit qu’il continuera à diminuer cette année dans le contexte de hausse de l’inflation. Et le gouvernement ne s’arrête pas là. Il souhaite pour l’avenir réformer la gestion du SMIC. Il entend en effet se priver du dernier levier qui lui reste pour augmenter les salaires en confiant la revalorisation obligatoire du SMIC à une commission « indépendante » et caresse l’idée de rétablir le mode de calcul du salaire minimum qui existait avant 1968, basé uniquement sur l’inflation sans tenir aucun compte de l’évolution du salaire ouvrier moyen.

Quant à la réforme du temps de travail qui donne la possibilité à des accords d’entreprises de déroger à la loi sur les 35 heures, elle permet une baisse considérable des salaires par la suppression des heures supplémentaires. Fondu dans l’annualisation du temps de travail, le dépassement des contingents d’heures, des limites journalières et hebdomadaires, ce qui était jusqu’ici payé en heures supplémentaires le sera désormais en heures normales. Le tout selon Sarkozy pour prendre « en compte la réalité quotidienne de l’économie ». Oui vous avez bien lu, quotidienne ! Faut-il maintenant s’attendre au rétablissement du travail à la journée ?

La droite sait qu’elle conservera la confiance des siens malgré toutes ses difficultés si elle leur procure les avantages sonnants et trébuchants qui sont sa raison d’être. Elle sait aussi que la gauche est désormais singulièrement désarmée dès qu’il est question du partage des richesses. La thèse démocrate en vigueur dans la social-démocratie européenne, qui considère cette problématique comme secondaire voire dépassée, a fait des émules dans notre pays. Ségolène Royal n’a-t-elle pas déclaré qu’elle n’avait jamais cru à son propre engagement de campagne de hausse du SMIC ? Il est difficile après cela d’être crédible pour dénoncer les choix du gouvernement en la matière. Quant à la loi sur la durée du travail, elle rappelle fortement les clauses « d’opt-out » inventées par les travaillistes britanniques pour « permettre aux salariés qui le souhaitent » de déroger à la norme européenne de durée hebdomadaire maximale de travail. Non, décidément la droite n’oublie pas de faire de la politique. A chaque fois que la gauche recule d’un pas pour montrer sa « bonne volonté » et protester de sa modernité devant le cercle des éditorialistes bien-pensants, elle avance d’un pas de plus vers la mise en œuvre d’un modèle social digne du 19e siècle.

François Delapierre

Lundi 30 juin 2008
Voici un article très intéressant, daté du vendredi 27 juin 2008. Cet article montre qu’il y aura peut-être un référendum sur le traité de Lisbonne en Autriche. Le chancelier, actuellement au pouvoir, Alfred Gusenbauer ( SPO = Parti Social-Démocrate ) et le président du SPO Werner Faymann sont tous les deux pour le référendum sur le traité de Lisbonne.

Alors que seuls 28 % des Autrichiens ont encore une opinion positive de l’Union Européenne, plus mauvais score parmi les 27 selon le dernier sondage Eurobaromètre, le chancelier Alfred Gusenbauer a souligné que l’Union Européenne devait oeuvrer en faveur d’une Europe " plus sociale " et chercher un dialogue ouvert avec ses populations. " Beaucoup de gens ont l’impression que l’UE ne s’occupe pas de leurs vrais problèmes, mais qu’elle s’occupe surtout d’elle-même ", a constaté le chancelier dans une lettre ouverte à l’éditeur du tabloïd " Kronen Zeitung ". Ce journal mène depuis de longues années une campagne anti-européenne et a ouvertement fait campagne pour un référendum sur le Traité de Lisbonne.

" Nous pensons que les modifications à venir du Traité de Lisbonne, qui touchent les intérêts des Autrichiens, doivent être décidées en Autriche par le biais d’un référendum ", écrivent le chancelier Alfred Gusenbauer et le nouveau président du SPÖ Werner Faymann dans cette missive publiée sur le site internet du Kronen Zeitung. Cet engagement vaut aussi, soulignent les deux dirigeants, pour un Traité de Lisbonne modifié si cela devait être décidé par les 27 après le rejet de la dernière version du texte par les électeurs irlandais. Et les deux hommes se sont également dits prêts à " persuader leurs partenaires (conservateurs ÖVP) de la coalition au pouvoir " de soumettre l’éventuel nouveau texte au verdict des électeurs.

http://oe1.orf.at/inforadio/92686.html ?filter=1

Jeudi 26 juin 2008

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Dimanche 22 juin 2008


Vendredi 20 Juin à 20h00, à l'invitation des cercles PRS du Rhône et de l'Union des familles Laïques de Lyon, Jean-Luc Mélenchon a tenu une conférence publique.


 


Le thème « Laïcité : Réplique au président de la République, Chanoine de Latran « a intéressé, à l'évidence un nombreux public.

 



La salle de la mairie du 8eme arrondissement s'est révélée rapidement exiguë.


 



Heureusement l'installation, à l'extérieur de la salle, d'un grand écran plasma avait été prévue.




Près de 300 personnes sont venues entendre Jean-Luc Mélenchon faire la démonstration que les attaques faites à la laïcité par Nicolas Sarkozy, président de la République, chanoine de Latran, étaient inspirées d'une théorie ultra libérale, dite du « choc des civilisations ».




Pendant plus de 1h30, le président de PRS, documents à l'appui, a expliqué que cela découlait d'une logique de pensée construite, et non pas d'une « simple » folie.




Jean-Luc Mélenchon, avec son sérieux, mais aussi parfois avec humour, a ravi une salle attentive, et a demandé à tous les auditeurs d'être les « ambassadeurs » de la laïcité, avec un argumentaire étoffé.

 



Avant la mise en ligne de cette conférence, de nombreuses personnes sont reparties avec des notes, et pour une centaine d'entre elles un livre, notamment celui édité lors d'une conférence parisienne et intitulé « Laïcité, réplique au discours de Nicolas Sarkozy, chanoine de Latran ». Tous ont pu prendre connaissance de nos publications.

 


Cette soirée est incontestablement un succès. Succès pour tous les laïques, pour les deux associations organisatrices, pour toutes les associations philosophiques et humanistes qui ont soutenu cette initiative, succès pour tous les défenseurs du "vivre ensemble".





La multitude de personnes venue écouter la conférence, démontre que la laïcité reste une valeur qui, au delà de son inscription dans la constitution, est capable de mobiliser un nombre important de citoyens.



PRS, comme le rappelle sa déclaration de présentation, affirme que l'intérêt général doit s'imposer par l'intervention d'une société mobilisée et de citoyens motivés. Ce choix de société s'oppose au modèle de la « démocratie » libérale ne reconnaissant que l'arbitrage entre intérêts particuliers. Il s'oppose aussi aux nationalismes et aux communautarismes qui nient l’existence même d’un intérêt général. PRS propose la perspective d’une citoyenneté étendue. PRS considère que la défense et la promotion de l’égalité des droits sont indissociables d’un combat résolu pour la laïcité.


PRS reste non seulement vigilant, mais aussi actif, dans la défense de ces principes.


Daniel Baiguini

secrétaire départemental de PRS Rhône

Samedi 21 juin 2008


Il ne s’en est pas vanté. Sarkozy a signé à Bruxelles un abandon d’une incroyable gravité en admettant tous les débordements possibles du temps de travail.

Avec lui, l’Europe ne va pas de l’avant ; elle enclenche la marche arrière sociale. Sarkozy s’avère non plus simplement conservateur mais réactionnaire. Désor­mais, si vous n’avez pas les moyens de dire non à votre employeur, si les huis­siers ou les ASSEDIC vous pressent, vous pourrez être obligé de travailler 654 heures et même 78 par semaine du moment que vous aurez “ bénéficié ” de 11 heures consécutives de non-travail par 24 heures. Ce n’est plus métro-boulot-dodo, le dernier terme disparaît dans cette furie ultralibérale. Margaret Thatcher le réclamait, Tony Blair le demandait, Chirac le refusait, Sarkozy l’a signé, trahissant au passage les pays comme l’Espagne, la Belgique ou Chypre qui refusaient cette régression sociale au côté de la France. Quel numéro d’hypocrisie que les recti­fications cauteleuses de Xavier Bertrand, après les sorties de Patrick Devedjian !
Au moins le secrétaire général de l’UMP disait-il tout haut ce que son maître our­dissait tout bas. La brutalité de cette mesure, qui nous replonge vers les ténè­bres sociales du XIXe siècle, dessine à traits précis le projet de civilisation qui sous-tend toute l’action du pouvoir. Alors que la présidence de Bush se ter­mine dans la débandade, que les ravages infligés à la planète réclament que les biens communs de l’humanité soient sanctuarisés, que les famines reviennent en cortège à la suite des spéculations les plus débridées sur les matières premières vitales, la droite française persiste et signe en faveur d’un capitalisme débar­rassé de tous les garde-fous sociaux. Voilà ce que Sarkozy entendait quand il proclamait vouloir “ liquider l’héritage de 68 ”.
Il nous promet la même histoire sans fin, des actionnaires libres de tout imposer au monde au gré de leurs inté­rêts, libres de leurs mouvements, dispo­sant des salariés comme de pions dans leur Monopoly géant, brûlant au fil de leurs profits les ressources de la planète. Bienvenue dans le meilleur des mondes ! Entrez dans la présidence française de l’Union européenne !
La mobilisation syndicale prévue pour le 17 juin acquiert de la sorte une nouvelle dimension. Il s’agit, bien entendu, de contrer l’opération de déréglementation – bien française celle-là – qui supprime­rait la référence aux 35 heures. Ce com­bat pour maintenir la durée du travail – approuvé par huit Français sur dix, selon un sondage des Échos – rejoint les pré­occupations de tous les salariés euro­péens. La fiction d’un coq gaulois tous ergots dehors pour défendre un mode de vie passéiste fait désormais long feu. Le paysage social et demain politique, il faut l’espérer, oppose les salariés euro­péens aux multinationales et à ceux qui mettent l’État à leur service.
Ce tableau dessine aussi un horizon pour les progressistes de notre continent. Rien à voir avec les exercices de surplace où l’un se rallie au libéralisme, où l’autre rêve de Tony Blair tandis que le dernier gère avec zèle l’ordre financier mondial. La brutalité du capitalisme requiert des transformations profondes de la société et le rassemblement le plus large pour y parvenir, salariés communistes, militants socialistes, altermondialistes, syndicalis­tes, progressistes, écologistes… Une idée neuve de l’Europe, une idée neuve pour l’Europe

http://www.pcf.fr/spip.php?article2865

Samedi 21 juin 2008
Bruxelles, le 19 juin (AFP) - Une coalition d'opposants au traité de Lisbonne, du Sinn Fein irlandais en passant par le socialiste français Jean-Luc Mélenchon ou le Néerlandais Harry Van Bommel, ont appelé jeudi les leaders européens à abandonner le traité censé rendre l'UE plus efficace.

Quelques heures avant le début du sommet européen où les dirigeants vont appeler à la poursuite de la ratification du traité, l'eurodéputée du Sinn Fein Mary Lou McDonald a averti que les Irlandais n'accepteraient pas une version légèrement modifiée du traité de Lisbonne, même s'ils sont pro-Européens.

"Le traité de Lisbonne est fini et la ratification doit cesser", a-t-elle indiqué, dans un discours opposé à celui tenu par les dirigeants européens. "Un autre accord est possible", a-t-elle affirmé.

"Il faut une nouvelle discussion, une nouvelle négociation et un nouveau traité", a-t-elle martelé. "Nous ne voulons pas qu'on soumette aux Irlandais une version réchauffée du traité de Lisbonne".

Le chef de la Gauche unitaire européenne (communistes) au Parlement européen, le Français Francis Wurtz, lui a apporté son soutien.

Le choix du peuple irlandais "est clair et doit être respecté", a-t-il souligné, en déclarant le traité de Lisbonne "délibérément illisible".

Pour le sénateur français Jean-Luc Mélenchon, le non irlandais, dans lequel il voit "un non de gauche", est "une bonne nouvelle" qui traduit "l'incroyable mépris de l'élite" européenne pour les préoccupations de ses citoyens. "La ratification doit cesser", a-t-il affirmé.

Même plaidoyer du député socialiste néerlandais Harry Van Bommel. "Les Irlandais ont dit non et les Néerlandais auraient fait pareil" s'ils avaient été consultés par référendum, a-t-il déclaré. "L'avis du parti socialiste (néerlandais) est que le traité de Lisbonne est mort".

Mardi 17 juin 2008


Les Cercles PRS du Rhône, avec l'Union des Familles Laïques

vous invitent à une
conférence publique

de
Jean-Luc MÉLENCHON
sénateur de l'Essonne,
ancien ministre de l'Enseignement professionnel
membre du bureau national du Parti socialiste et président de PRS

Laïcité : Réplique au président de la République, Chanoine de Latran

Le vendredi 20 juin 2008 à 20h
(durée 1h30)
mairie du 8e arrondissement de Lyon
avenue Jean-Mermoz
métro Grange Blanche, tramway t2 arrêt Bachut-mairie du 8e



Daniel BAIGUINI  
Secrétaire départemental de PRS Rhône
Mardi 17 juin 2008
Jean-Luc Mélenchon. Ultime noniste socialiste, le sénateur de l’Essonne promeut, à train d’enfer, une alliance avec «l’autre gauche». Et le non irlandais à l’UE conforte sa conviction têtue.

Dans cette cantine pressée de la gare Montparnasse d’où il allait attraper un train pour Rennes et y tenir meeting comme il fait partout toute l’année, on avait écarté les couverts pour disputer plus passionnément. Un piaf se posa, quêtant une miette. Lui se tut pour offrir un doigt en perchoir ; l’oiseau s’envola. «Casse-toi, alors, pauvre con !» sourit notre commensal, puis s’excusa des yeux, crainte sans doute qu’on le prenne pour un homme de peu d’esprit. Deux heures plus tard, un pauvre hère le soulagerait d’un euro qu’il tendrait en dissimulant le malaise d’être de ce monde-là, d’une richesse si mal redistribuée qu’elle contraint à mendier.

Jean-Luc Mélenchon est un personnage public discret (à la façon qu’on imagine Robespierre chaste) et cependant chaleureux, mieux considéré dans la rue que dans son Parti socialiste, et plus intimidé par le peuple que par ses pairs. Normal, puisque, père télégraphiste et mère institutrice, c’est du peuple qu’il vient, et de Tanger. Etre arrivé à 11 ans en Normandie dans ses habits de pied-noir le fit d’emblée «horsain», ainsi qu’on dit en Pays de Caux pour désigner l’étranger, le pas d’ici, avec quelque chose de métèque dans la connotation.

On l’avait visité deux jours auparavant sur ses terres de sénateur, peu de semaines après l’avoir croisé à la Maison des Métallos, où Politis arrosait son trentenaire. Qu’on n’ait pas fréquenté ce «compère» durant les années 70 et dans les rangs de l’Organisation communiste internationaliste (dite «lambertiste») ressortit à un simple aléa géographique : Mélenchon, auquel on ne donne pas du «Méluche» aussi aisément que du «Juju» à son camarade cofondateur de la Gauche socialiste Julien Dray, militait alors du côté de Besançon. Trente ans après, cet épisode trotskiste lui colle encore à la peau ; après le précédent Jospin, issu des mêmes cellules, il lui fait une tunique de Nessus autant qu’un bouclier. Nul regret, cependant, de ce nécessaire apprentissage : le trotskisme l’a fait, la politique le dévore, un non farouche le porte encore - tel , jeudi, celui de Dublin au traité de Lisbonne.

De sa vie privée, il ne dira rien. A l’état-civil, il est divorcé. Et quand on le chatouille à propos de la qualité de franc-maçon qu’une rumeur lui prête, c’est comme un principe qu’il marque la distance dans un lapidaire : «Ça ne vous regarde pas

Des pitreries en forme de querelles de personnes déchirant aujourd’hui le PS, son parti depuis plus de trente ans, il n’évoquera que la perte d’identité qu’elles traduisent, quand son souci du moment est d’empêcher que l’entité PS se dissolve dans un devenir de «parti démocrate» ayant rendu les armes à ce «libéralisme économique» trop consensuel, dont le gauchiste de l’intérieur met à jour le traumatisme désiré.

Lorsqu’il nous glissa l’ouvrage qu’il publiait en septembre (En quête de gauche, Balland), on l’empocha poliment, comme trop de ces opus de nombriliste et médiocre ambition. Mais à bien y regarder, on comprit que ce livre-là, septième de sa bibliographie, aspirait aussi au statut d’outil militant. On y perçut surtout que le bonhomme, dont des études de philo ont structuré la curiosité de tout, est un furieux bosseur, et l’on vit mieux comme son activisme pouvait lui être compté à charge. Le temps qui presse, les vents mauvais qui soufflent, la sensation de clamer dans un désert quand la barbarie est aux portes lui font la double et paradoxale réputation d’un imprécateur - mais qui ne lâche rien - et d’un opportuniste - mais loyal.

Laquelle réputation, l’orateur reconnu observe sans complaisance. Quand on en sait qui, de beaucoup d’ennemis, font le socle d’une carrière, lui, qui est un vrai doux, traîne le fantasmatique opprobre comme une énervante perte de temps, quand tout presse. Et de constater, avec un amer fatalisme, que «dans les assemblées de tièdes, la violence rhétorique est vite assimilée à une forme de démence» ; et impardonnable à proportion qu’elle dit le vrai, qui dérange. Récusant l’individu comme acteur majeur d’une «Histoire» à grand H, Mélenchon attend la vague collective. Pour prétendre la chevaucher, il invoque le principe de «radicale responsabilité», qu’il illustre par la parabole de l’aiguilleur des trains de la mort : «Dans un instant donné lui appartient, et à lui seul, la décision de faire dérailler le convoi. Ou pas.» Ainsi définit-il le républicain comme «celui qui dit ce qui est bon pour tout le monde», tout en précisant que le principe vaut «pour chaque personne humaine».

Quand le moral est au bas, il vole vers l’Amérique du Sud chercher les traces des Lumières et de la «Grande Révolution» qui l’inspirent, au point que son propos fleure parfois le national républicanisme («Je suis universaliste», réplique-t-il sèchement.) Mais c’est au Sénat, havre familier et stratégique port d’attache, qu’il campe et entretient la flamme. Du palais du Luxembourg, l’élu de l’Essonne nous avait fait l’autre semaine une visite guidée pointilleuse, décryptant sous les ors de l’Empire le long cheminement d’un peuple vers une République. Dans l’hémicycle où il siège en haut à gauche, à « la Montagne», la tribune le bouleverse de souvenirs mêlés, où même Jean Lecanuet rejoint François Mitterrand dans la paix des morts, et où, en la file des onze, tous groupes confondus, qui votèrent en 1991 contre la première guerre du Golfe, lui-même fit sa paix des braves avec Max Lejeune, fantôme de la vieille SFIO. Là, le sénateur Mélenchon «tient la tranchée», dit-il, reprenant l’expression d’Hector Viron, élu communiste du Nord, qui la lui souffla après la première élection de Chirac à l’Elysée.

La position n’est pas si confortable. Quand il évoque la tentation d’Oskar Lafontaine, quittant le SPD pour créer Die Linke avec cette «autre gauche» honnie par la direction socialiste, l’œil du passeur s’allume. S’il entretient avec cette gauche-là des rapports fraternels (via notamment l’association Pour la République sociale, qui donna corps au socialisme du non lors du référendum européen), il n’y a pas sa table réservée. Et de rapporter ce mot d’un dirigeant de la LCR lui souriant en confidence : «Tu en fais trop pour eux [les socialistes, ndlr] et pas assez pour nous [trotskistes, Verts, alter et communistes].» Unitaire pour tous, donc, et contre sa propre direction. Mais sinon lui, qui ?

Dedans dehors, et horsain toujours. Au Sénat, notre hôte nous avait contraints à une pause dans le gravissement d’un monumental escalier, et, sur une chaise curule palière, fait prendre la pose que son téléphone photographique enregistra. Plus tard, sous les frondaisons douces du Luxembourg, il confia qu’à avoir passé tant d’années à l’assaut du ciel, il ne l’avait pas assez contemplé, le ciel. Et s’astreignait désormais au plaisir quotidien de produire une image - dessin ou photo. En cet aveu fugace, on crut presque attraper l’écho fugitif d’une mélancolie.

Pierre Marcelle lundi 16 juin 2008 Libération



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