Lundi 12 décembre 2005
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Publié dans : Opinion
Par le Président de PRS Rhône
Tout d’abord je ne saurai commencer cette intervention sans remercier la LCR de son invitation et de saluer un esprit d'ouverture entre forces de gauche qui reste aussi fort après le 29 mai que pendant la campagne.
Le 29 mai, ce vote de classe contre tous les appareils politiques et médiatiques établis, est maintenant inscrit dans la conscience collective de notre patrie républicaine. C’est une victoire, savourons la, mais sachons également en tirer les enseignements.
Pour nous PRS, le NON fait mandat à la gauche a trois titres :
1) Pour que le vote du 29 mai soit respecté !
Le respect du vote des français est en effet loin d'être acquis :
• Le président du PPE au parlement européen compte sur le résultat de la présidentielle française
• Angela Merkel a fait de l’adoption du TCE son principal objectif de politique européenne.
• Bien des belles personnes, nos importants éditorialistes, ne font pas du 29 mai une autre analyse qu'un accès de fièvre qui sera guéri par l'élection d'un président "raisonnable".
Nous devons donc faire bonne place au respect du vote dans nos revendications et s’assurer que toutes les forces de gauche fassent de même.
Aussi accordons-nous le droit aux bonnes nouvelles et constatons que c’est un atout décisif que le PS ait adopté une position claire à ce sujet. Leur synthèse statut finalement que "les socialistes respecteront la volonté populaire", une tournure identique a celle de la pétition lancée par le PCF dès le lendemain du 29 mai...
2) Pour que le combat contre l'Europe libérale continue !
Les votes des français et des néerlandais n’allaient pas à eux seuls faire reculer une commission néolibérale sous une présidence britannique de même acabit. Aussi, PRS continuera à soutenir et à participer aux collectifs du 29 mai en particulier dans la lutte en cours contre Bolkestein
Dans ce combat là aussi, accordons nous le droit aux bonnes nouvelles, la grève à la SNCF illustre la prise en compte systématique de cette dimension européenne dans les conflits sociaux. En plus des avancées sur les conditions de travail, ce conflit aura permis en un jour :
• d'arracher à un ministre de droite l'engagement écrit d'une non-privatisation. Recul important pour les libéraux qui s'appuient systématiquement sur l'Europe pour associer ouverture à la concurrence et privatisation.
• des engagements sur les sites de tri et la réintégration de la filiale ID TGV permettant de stopper certaines privatisations rampantes
• le soutien de l'activité fret contre l'avis même de la commission européenne,
C'est d'ailleurs bien ces succès qui font dire au Monde qu'il s'agit d'une grève politique donc d'un échec. Pourtant, la capacité des syndicats de cheminots à intégrer en plus des revendications sur l'emploi, la défense d’un service public de qualité, y compris contre les diktats libéraux européens est au contraire une grande réussite.
3) Au-delà des résistances, porter l'espérance en 2007
Le mandat du NON nous enjoint de ne pas rater les 2 rendez-vous de 2007. Nous n'avons jamais cache à PRS que nous militons pour l'Union des gauches sans exclusive. Nos divergences ne peuvent être niées mais une ligne anti-libérale peut nous rassembler.
Olivier Besancenot n'a pas dit autre chose l'été dernier lors de notre université d’été de Arles en acceptant l'idée d'une participation à un gouvernement bien qu'il pose, évidemment, des conditions sur une orientation anti-libérale.
Certes, l'union des gauches se heurtera aux résistances des sectaires de tous bords. Mais elle finira par s'imposer. Car si nous laissons la droite gagner en 2007, si la grande victoire du 29 mai doit se terminer par un triomphe du parti de l'ordre, libéral et sécuritaire, le peuple de gauche qui a majoritairement voté NON sera fondé à demander à ses représentants : est-ce ainsi que vous respectez notre vote ?