Il n’est plus temps de tergiverser

Publié le par Pour la République Sociale

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Dans un pareil contexte, à gauche, l’heure de vérité se révèle synonyme d’heure des choix fondamentaux. Trois options peuvent, de ce point de vue, s’avérer mortelles.
La première consisterait à se résigner à l’état présent des choses, en entrant dans la construction proposée par les responsables du PS, celle d’une fédération ou d’un parti de toute la gauche qui se formerait autour d’eux. La récente réunion du « Comité de liaison de la gauche et des écologistes » a parfaitement souligné qu’une semblable dynamique n’était pas de nature à rééquilibrer la gauche à gauche, mais au contraire à conforter l’hégémonie, sur cette dernière, d’une orientation de plus en plus libérale et de moins en moins sociale. Que l’on médite la conclusion de la réunion du 13 novembre à propos des municipales : contrairement aux espoirs de la direction du Parti communiste, elle n’a nullement mis un frein aux prétentions d’une série de notables socialistes sur des villes que dirige son partenaire de l’ex-gauche plurielle ; ce qui prouve bien que la satellisation de l’essentiel de la gauche par le Parti socialiste va de pair avec la marginalisation de tout ce qui peut ressembler à une gauche de gauche…. À terme, tout cela scellerait pour un long temps la disparition de tout espoir d’alternative, au profit d’un bipartisme définitivement institué dans le cadre d’alternances molles. Voire l’ouverture au centre qu’appelle de plus en plus de voix autorisées dans la mouvance socialiste…
La deuxième option résiderait dans le repli des forces antilibérales à gauche sur leurs sphères d’influence respectives. Ici encore, l’expérience récente parle d’elle-même : les logiques de concurrence interdisent à chacune d’entre elles de se hisser à la hauteur du défi, toutes se trouvant de facto renvoyées à l’impuissance et à une marginalité plus ou moins prononcée selon les résultats obtenus à la présidentielle. À l’Élysée comme rue de Solferino, on ne cache pas son intérêt pour une configuration de ce type, qui renverrait aux calendes la possibilité de doter la radicalité sociale d’un correspondant politique à la mesure du rejet dont le libéralisme continue de faire l’objet dans notre société.
La troisième option serait celle d’une transformation du champ politique se limitant à « la gauche de la gauche ». C’est celle qui inspire la direction majoritaire de la LCR lorsqu’elle avance l’idée d’un « nouveau parti anticapitaliste », qui s’adresserait prioritairement aux courants révolutionnaires et aux militants de terrain, écartant délibérément toute confrontation avec les forces constituées de la gauche antilibérale. Hélas, si la Ligue et Olivier Besancenot ont su s’engager sans réserves dans les dernières mobilisations et y défendre une orientation de rupture claire avec le capitalisme libéral, ce qui leur vaut un surcroît d’autorité et l’on ne peut que s’en féliciter, une nouvelle formation constituée autour de la seule extrême gauche, voire autour de la seule Ligue, ne permettrait pas de faire bouger en profondeur les lignes à gauche et dans le mouvement social, de contester l’hégémonie du social-libéralisme et de faire émerger un début d’alternative crédible.
Dans ces conditions, il n’est d’autre choix que de renouer, sous de nouvelles formes, les fils d’une politique volontariste de rassemblement des antilibéraux à gauche. Telle est, en effet, la condition pour que s’affirme au plus vite une gauche de combat et d’alternative, active dans les mobilisations et offensive, à travers ses propositions, sur le champ politique. C’est au travers d’une telle démarche qu’il conviendra de poser les jalons menant à l’apparition d’une nouvel acteur politique, d’une nouvelle force, d’un parti antilibéral et anticapitaliste. Un parti large, rassembleur et pluraliste…
Cette bataille ne pourra, malheureusement, se mener que très partiellement à l’occasion du prochain scrutin municipal. Elle n’en doit pas moins s’engager dès à présent. Dans le soutien aux luttes, dans l’action pour que soit rejeté le nouveau traité libéral européen, dans la bataille pour un référendum - à propos de laquelle vient de se constituer un front unitaire des plus prometteurs -, il se vérifie au quotidien qu’il existe bien deux orientations totalement opposées à gauche : celle de la rupture et celle de l’abdication. Il nous appartient de faire vivre la première à la hauteur des attentes. Par l’ouverture de cadres de débat permettant de reprendre la réflexion sur les axes d’une autre politique pour la gauche, avec pour horizon des états généraux qui devraient être pris en charge par toutes les forces, courants et militants intéressés. Comme par l’action commune pour créer les conditions de la mise en échec du sarkozysme.
Remarquons ici à quel point a manqué, en soutien aux mouvements de cet automne, une action unitaire des forces antilibérales, à l’image du grand meeting de soutien au conflit de la SNCM, à l’automne 2005, qui avait mis sur une même tribune, à Marseille, aux côtés de syndicalistes représentant les marins, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller et Jean-Luc Mélenchon. Il n’est pas trop tard pour se reprendre…


Christian Picquet  25 novembre 2007


http://www.unir.asso.fr/2007/11/25/plus-que-jamais-une-autre-gauche-une-nouvelle-force-politique/#more-168

Publié dans Communiqué

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