Recréer l'espoir à gauche

Publié le par Pour la République Sociale

A l'invitation de la section de Lyon du Parti Communiste Français, Patrice Cohen-Séat et Jean-Luc Mélenchon sont venus présenter, à Lyon, le 19 novembre 2007, leur vision de comment “ recréer l'espoir à gauche ”.
En partant de leurs derniers livres, ils tracent, après une analyse approfondie, les lignes d'une nouvelle perspective à gauche.
Après avoir répondu à trois questions de Karim HELAL, secrétaire de la section de Lyon du PCF, et animateur de la soirée, ils répondirent avec franchise et convictions aux nombreuses questions de la salle.

Nous devrions mettre prochainement en ligne une vidéo.

En attendant, quelques morceaux « choisis » dans les réponses aux trois questions :jlm-19-11-2007-palais-mutu.gif

Karim HELAL : Comment analyser ce qui s'est passé au printemps dernier ?

Jean-Luc MELENCHON : « Sarkozy a gagné en assumant son caractère libéral. La bataille politique est d'abord une bataille culturelle, la représentation du monde, une manière dont les gens se représentent leur avenir.
Il n'existe plus de patrimoine électoraux. Nous avons à faire à des désorientés.
La gauche est partout en échec.
Les sociaux-démocrates ont réglés un certain nombre de questions théoriques, doctrinales : le partage des richesses n'est plus central, la stratégie d'alliance doit changer, on ne peut rien contre la forme de mondialisation actuelle. A l'exemple de la sociale-démocratie allemande qui gouverne avec la droite. »

Patrice COHEN-SEAT : « La gauche est dans une crise profonde.
C'est le même peuple qui à élu Sarkozy, et qui se mobilise dans les luttes, le même peuple qui a répondu non en 2005, le même peuple qui veut des services publics, les politologues appellent cela être à gauche du point de vue du souhaitable et à droite du point de vue du possible.
Cela signifie que le problème n'est pas dans la société, mais dans les forces politiques, les forces de gauche n'arrivent pas à proposer un projet ressenti comme plus crédible aux français qui voudraient plus d'égalité, plus de justice sociale, un partage des richesses.
Il faut donc leur proposer un projet ».

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Karim HELAL : dans un contexte de résistance à Sarkozy (mouvements cheminots, étudiants, fonction publique), que devrait dire la gauche ?

Jean-Luc MELENCHON: « Il faut essayer de réfléchir aux attentes du peuple. Il faut faire le programme commun du peuple.
Il faut donc organiser des rapports de forces et faire des lois qui répartissent les richesses.
La souveraineté populaire : le droit pour tous à délibérer de tout.
Il n'y a pas de différence entre la bataille démocratique et la bataille sociale »

Patrice COHEN-SEAT : « Les valeurs de gauche d'égalité, de solidarité, de projet collectif, de souveraineté, de démocratie dans ce monde dominé par un capitalisme financiarisé, mondialisé, militarisé est une question que doit se poser la gauche.
Un des problèmes c'est l'état de division de la gauche.
Le fonds commun, la base de la rupture avec le capitalisme, commune aux socialistes et aux communistes n'est plus le cas aujourd'hui.
Il faut hisser les réponses au niveau des questions que pose le capitalisme ».
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Karim HELAL: Vous proposez une nouvelle force politique, un nouvel acteur politique, avec qui, comment, pour faire quoi ?

Jean-Luc MELENCHON: « Parce-que nous sommes confrontés à trois crises majeures : la crise écologique, la crise financière, et la crise géopolitique.
Il faut une refondation républicaine.
La force nouvelle peut résulter de trois choses : un programme commun, dans un cadre : le parti, et du courage ».

Patrice COHEN-SEAT : « Un fossé s'est créé entre ce qu'est aujourd'hui le parti communiste et la façon dont la société le perçoit. Il faut des actes politiques, des actes symboliques, qui permettent de montrer, de nous montrer à la société tels que nous sommes aujourd'hui et pas tel qu'elle pense que nous sommes.
Et puis, il y a la question du rassemblement à gauche. Nous avons proposé le Programme commun, puis le rassemblement populaire majoritaire, l'expérience de la gauche plurielle, ensuite un rassemblement anti-libéral, mais au total ces différentes formules n'ont pas permis d'ouvrir une véritable alternative de progrès social.gauche-unis-toi.jpg
Nous devons travailler à un rassemblement politique de type nouveau et c'est notre objectif. Il faut créer un espace politique nouveau qui jette les passerelles, qui porte une véritable alternative.
Il faut partir des conditions qui permettent d'assurer la réussite de cela : premièrement le rassemblement sur un projet politique commun, deuxièmement il ne faut pas faire table rase du passé, et troisièmement rien ne peut se décider unil
atéralement. »

Publié dans prs69

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