La Géorgie, c'est "top" pour les affaires

Publié le par Pour la République Sociale

Rtr2140w_comp L'idéologie ultralibérale produit parfois des résultats assez étranges. Voire même complètement contreproductifs. Hier, la Banque mondiale a publié son rapport annuel sur les endroits où il fait bon faire des affaires. Plus précisément, ce rapport intitulé "Doing Business", rédigé par une filiale de la Banque mondiale, l'International Finance Corporation, "mesure la réglementation des affaires dans 181 pays".

Le résultat? Un classement des pays, qui fait franchement sourire.

Ainsi, on trouve en tête Singapour, puis la Nouvelle Zélande, les Etats-Unis, Hongkong, le Danemark, le Royaume-Uni, l'Irlande, etc. La France, elle, a un mauvais rang: 31e, coincée entre Israël et l'Afrique du Sud. Là, c'est classique.

Mais entre-temps, une grosse surprise: au 15e rang, la Géorgie.

La Géorgie? Vous voulez dire ce pays remplit de chars russes (photo), avec des dirigeants accusés régulièrement de corruption, dont la richesse par habitants est 35 fois moindre que celle de la France et qui compte la moitié de sa population en-dessous du seuil de pauvreté?

Et oui, selon la Banque mondiale, pas de "lourdeurs administratives" dans ce pays: avec quelques lari (la monnaie nationale), on peut monter sa boîte. Sa boîte en quoi, c'est une autre histoire... L'économie géorgienne est certes en forte croissance depuis quelques années, mais l'agriculture représente toujours 30% du PIB. Et son principal atout, c'est sa place géographique qui en fait une plate-forme  régionale de transport d'énergie, grâce à l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (TBC).

En France, en revanche, par la faute des "socialo-communistes" (même quand l'UMP est au pouvoir, c'est toujours de leur faute), les patrons de PME croulent sous la paperasse, ne peuvent pas virer leurs salariés quand ils veulent, sont assommés par l'impôt...

De fait, le classement mesure dix critères: la création d'entreprise, l'octroi de permis de construire, l'embauche des travailleurs, le transfert de propriété, l'obtention de prêts, la protection des investisseurs, le paiement des taxes et impôts, le commerce transfrontalier, l'exécution des contrats, la fermeture d'entreprise. Avec en tête l'idée que moins les entreprises sont contrôlées, mieux ça vaut pour le business.

En revanche, rien sur les infrastructures (c'est vrai que des TGV, des autoroutes, l'électricité, le téléphone.. n'ont aucune influence sur l'économie). Rien sur la stabilité du pays (une petite guerre, c'est pas si gênant que cela. On peut toujours continuer à travailler sous les bombes...). Rien sur la présence de mafias pas forcément ravis de voir de la concurrence débarquer sur ses terres, etc, etc.

A noter que le Figaro, qui n'a pas du comprendre l'absurdité de ce classement, en faisait sa promotion hier. "Bravo la Géorgie! Ce petit pays de 4 millions d'habitants constitue un bastion de la liberté d'entreprendre", débutait l'article.

Oui, vraiment, bravo la Géorgie!

http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2008/09/la-gorgie-cest.html

Publié dans prs69

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