LA POSTE NOUS APPARTIENT, DÉFENDONS-LA !

Publié le par Pour la République Sociale

L’Europe libérale contre les services publics

La Commission européenne s’acharne depuis plus de 10 ans à ouvrir le secteur postal à la concurrence, tantôt contre les Etats (en 2000 la France bloque la libéralisation), tantôt contre le Parlement européen (en 1997 et en 2000 le Parlement freine la libéralisation). Peu importe l’avis des représentants des peuples, la Commission repropose toujours les mêmes solutions libérales.

Après avoir présenté une nouvelle proposition en octobre 2006 pour libéraliser tout le courrier de base (moins de 50g), la Commission s’est à nouveau heurtée aux Etats, notamment à la France à l’hiver 2006-2007. Elle s’est donc retournée début juillet 2007 vers le Parlement européen qui a fini par valider le principe de la libéralisation du courrier de base mais a repoussé l’éventuelle libéralisation à 2012 et non plus 2009. Profitant du changement de gouvernement en France, la Commission est ensuite revenue à la charge le 1er octobre 2007. Et la France de Sarkozy, par la voix du ministre Novelli, a alors remballé son opposition et a même décidé de faire partie d’un groupe de pays anticipant la libéralisation au 1er janvier 2011 alors que 11 autres pays continuaient de s’opposer et obtenaient un sursis jusqu’en 2013.

Le nouveau traité européen toujours hostile aux services publics

Un protocole de pure forme se contente dans le traité de Lisbonne de souligner «l’importance des services d’intérêt général». Passée cette déclaration, rien ne permet de contrarier l’application de la libre concurrence aux services publics déjà imposée par les traités actuels. L’obligation d’abroger toute mesure économique qui serait contraire aux règles européennes de concurrence est toujours là (article 86 TFUE). Tandis que les aides publiques à certaines productions ou services sont toujours interdites (87 TFUE) ce qui interdit par exemple à l’Etat français financer le développement du transport ferroviaire de marchandises malgré l’urgence écologique.

La Poste dans la tourmente de la concurrence

L’ouverture à la concurrence du marché des colis a déjà conduit la Poste à privilégier ses plus gros clients professionnels au détriment des particuliers et des associations.

L’ouverture à la concurrence du courrier de base conduira à libéraliser les tarifs et donc à la remise en cause du prix unique du timbre, qui garantit la péréquation sur tout le territoire, que l’on habite en plein centre de Paris ou au fin fond de la Lozère. Or la libéralisation postale suppose l’abandon de la péréquation que rend possible le prix unique du timbre. En mettant fin à l’encadrement des prix, elle permettrait à terme au marché de fixer les tarifs en fonction des coûts réels, c'est-à-dire de moduler le coût du timbre selon la distance à parcourir ou l’accessibilité du point de départ ou d’arrivée. Cela entraînerait des reculs considérables dans les zones rurales et urbaines défavorisées (nouvelles fermetures de bureaux, surcoût du prix du timbre, moindre fréquence des tournées …).

La privatisation de la Poste, c’est la fin du service public

Le gouvernement et la direction de la Poste prétendent qu’il faut ouvrir la Poste aux capitaux privés pour lui permettre de trouver l’argent nécessaire à son développement. Pourtant, la Poste peut aujourd’hui obtenir des taux plus avantageux comme établissement public que si elle était une société de droit privé car sa dette est garantie par l’Etat. L’ouverture du capital de la Poste au privé conduirait aussi les nouveaux actionnaires à exiger des dividendes bien plus coûteux pour la Poste que des emprunts. Le précédent du changement de statut de France Télécom en 1996 a d’ailleurs été un désastre financier. France Télécom avait une excellente santé financière quand elle était publique. Elle s’est retrouvée avec 70 milliards d’euros de dettes en 2001 après s’être embarquée dans l’économie de casino des marchés financiers. Avec comme conséquence la dégradation du service et la hausse des prix pour le plus grand nombre.

Tous ensemble exigeons un référendum contre la privatisation

Privatiser un service public ce n’est pas seulement faire reculer la qualité des services offerts à tous, c’est priver les citoyens du pouvoir de contrôler eux-mêmes les outils de leur destin. C’est une nouvelle remise en cause de l’identité républicaine de notre pays qui a voulu que l’on mette en commun les grands services vitaux pour le plus grand nombre.

C’est donc aux citoyens de décider. Un référendum peut être organisé sur ce sujet en utilisant les nouvelles dispositions de l’article 11 de la Constitution. Il faut pour cela qu’1/5 des parlementaires et 1/10 des électeurs exige un référendum. C’est possible ! La privatisation de la Poste peut donc être stoppée pour peu que le peuple s’en mêle.

Après avoir lancé

Après avoir lancé la privatisation d’EDF-GDF et terminé celle de France Télécom, Sarkozy et la droite s’attaquent aujourd’hui à La Poste, un des derniers grands services publics français avec la SNCF. S’ils réussissent, il ne restera plus trace des services publics qui ont été des fleurons du développement du pays et de la satisfaction des besoins fondamentaux du plus grand nombre, plaçant la France en tête en Europe pour la performance du courrier, de l’électricité et du chemin de fer.

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Publié dans prs69

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