Guy Moquet
L’armée d’Adolf Hitler occupe une grande partie de la France dont le Nord, l’Est, la Région parisienne et la façade atlantique (Nantes, Bordeaux).
Le 22 juin 1941, l’armée hitlérienne attaque l’URSS qui porte alors en totalité le rapport de force militaire face au fascisme. Le Parti Communiste interdit entre dans la clandestinité ; il est le seul à prendre des initiatives militaires de Résistance : déraillement d’un train de soldats allemands à Nantes... Dans ces conditions, le choix fait par la droite française au pouvoir avec Pétain de tout faire pour détruire le Parti Communiste relève seulement d’une aide directe à Hitler, Franco, Mussolini et compagnie. Dans le cas de Guy Moquet, membre des Jeunesses Communistes, cela se traduit par le fait qu’il a été dénoncé pour distribution de tracts par deux policiers français. Il a été arrêté par des policiers français. Il a été interné suite à un décret de l’Etat français pris à l’encontre des communistes. Il a été gardé par des gendarmes français à Chateaubriant et il sera choisi pour être fusillé par des Français.
La droite française liée à tous les milieux profiteurs du pays ( colonisation...) sort de la période du Front Populaire où elle a vu, horrifiée, des ouvriers bénéficier de congés payés. Se retrouvant au pouvoir grâce à la victoire d’Hitler, elle est décidée à faire payer aussi les syndicalistes de la CGTU qui ont obtenu pour les salariés de nouveaux droits. Cette droite française revancharde emprisonne puis choisit pour être fusillés des syndicalistes comme Timbaud, Poulmarch, Grandel... Prosper Moquet, père de Guy, est cheminot, responsable syndical de la CGTU ; son fils va à coup sûr payer aussi pour lui.
Prosper Moquet, député communiste du XVIIème arrondissement, est arrêté le 10 octobre 1940 et condamné à cinq ans de travaux forcés.
Son fils aîné Guy, âgé de 16 ans, poursuit ses études au lycée Carnot tout en menant une activité militante avec les Jeunesses Communistes ; il est arrêté le 13 octobre 1940 au Métro Gare de l’Est par des policiers français ; conduit au commissariat il est violemment passé à tabac pour qu’il révèle les noms des amis de son père. Il est important de noter cette date du 13 octobre 1940 ; à ce moment-là l’armée allemande d’occupation se désintéresse complètement de l’arrestation de communistes ; elle ne commencera à s’y intéresser qu’à partir de juin 1941 et de l’attaque sur l’URSS. C’est donc seulement la détermination anticommuniste de la droite française qui porte la responsabilité de son arrestation.
Emprisonné à Fresnes puis Clairvaux, Guy est ensuite transféré au camp de Chateaubriant en Loire Atlantique où étaient détenus d’autres Résistants.
Nous savons que Guy Moquet, malgré une discipline sévère, contribua à apporter un peu de joie parmi les internés, en particulier dans la "baraque des jeunes". Il s’éprend d’une jeune communiste également prisonnière, Odette Leclan.
Le 20 octobre 1941, Karl Hotzle, commandant des troupes d’occupation de la Loire-inférieure (Nantes), est exécuté. Le ministre de l’Intérieur du gouvernement Pétain, nommé Pierre Pucheu, particulièrement anticommuniste, décide en représailles, la mort de 50 militants de la région nantaise dont 27 à Chateaubriant (surtout militants du Parti Communiste et quelques-uns de la Quatrième Internationale,trotskystes). Sur ces 27, 17 ont été choisis par les soins de Pucheu et consorts.
Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dressés à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant.
Dans les camions qui les conduisent au peloton d’exécution, Guy écrit à Odette son amie du camp, sur un petit bout de papier, regrettant de n’avoir pas eu le baiser qu’elle lui avait promis : " Je vais mourir avec mes 26 camarades. Nous sommes courageux. Ce que je regrette est de n’avoir pas eu ce que tu m’as promis. Mille grosses caresses de ton camarade qui t’aime. Guy."
Les gendarmes français font du zèle anticommuniste au service des nazis. Aussi, la seule réaction face à leurs bourreaux est celle de Jean-Pierre Timbaud qui crache sur le lieutenant de gendarmerie Touya.
En trois groupes, les 27 otages s’appuient aux poteaux, refusent qu’on leur bande les yeux et sont fusillés. Guy Môquet, le plus jeune, est abattu à 16h00.
Avant son exécution, il a écrit une lettre à sa famille où il s’adresse en particulier à "son tout petit frère adoré" pour lui donner ses vêtements. Ce jeune frère de Guy Môquet, Serge, âgé de 12 ans en 1941, sera traumatisé par la mort de son aîné et ne lui survivra que de quelques jours.
« Vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ».
Jacques Serieys