DE 20 € à 1 € ? Déjà les soldes ...
Après la vague, la décrue. L’an dernier, le Parti socialiste avait enregistré l’adhésion de nombreux nouveaux militants, attirés par l’inscription en ligne à 20 euros et la possibilité de choisir le candidat à la présidentielle. Six mois après la défaite, l’inquiétude gagne la direction du PS qui assiste à un début de désertion militante. Exemple dans trois fédérations.Tendance inquiétante. Dans le Rhône, les chiffres sont encore provisoires, mais un tiers des nouveaux militants aurait pris le large (les socialistes étaient passés dans ce département de 2 000 militants environ en 2003 à 5 300 fin 2006). «Beaucoup étaient venus pour amplifier le mouvement royaliste, estime Christiane Demontès, sénatrice et première fédérale du Rhône. On les a vus pour la désignation, puis Ségolène Royal a été battue et ils sont passés à autre chose. Je crois même que certains d’entre eux ont depuis rejoint le Modem.» Ce que les militants du Mouvement démocrate confirment.
Mais les premiers scrutins internes ont dégagé une autre tendance, plus inquiétante: 300 à 400 anciens militants n’auraient pas payé leur cotisation. «C’est très nouveau, grimace la première fédérale. Ce sont des gens qui habituellement votaient à chaque élection interne, et se mettaient à jour à cette occasion. Cette fois, ils ne sont pas venus.» Pour quelles raisons? «Il y a la défaite du mois de mai, les livres de règlements de compte, le départ au gouvernement de quelques-uns, la cacophonie et l’absence de ligne. Les gens sont déboussolés. Ceux qui restent aussi, d’ailleurs. Ils se demandent où nous allons.»
Le PS saura fin novembre si la tendance se confirme, lorsque toutes les sections auront voté. En attendant, un petit rayon de soleil éclaire la grisaille ambiante. A côté de cette vague de désertions, 300 nouveaux militants ont adhéré depuis le début de l’année. La plupart après la défaite du 6 mai.
La dernière trouvitude de Ségo : l'exemplitude de l'Italie
Libération : Vous venez de rencontrer Walter Veltroni. L’exemple de la primaire italienne est-il envisageable en France?
Ségolène Royal : Tous les dirigeants italiens ont accepté l’émergence parmi eux d’un leader, avec trois millions et demi d’électeurs qui ont payé un euro pour participer. Au PS, les militants à 20 euros ont été parfois contestés. Mais la réflexion doit se poursuivre. Je sais que ce n’est pas facile, car nous héritons d’un système sécurisant pour les courants, avec ce que cela signifie de contrôle des fédérations et de positions verrouillées. Mais au PS, nous avons tous compris, certes à des degrés divers, que ce système devait changer. L’exemple italien doit nous faire réfléchir.
Libération : Comment faire évoluer le PS?
Ségolène Royal : Il faut rendre la parole aux militants. Mais aussi faire voter des gens qui ne sont pas adhérents du parti, comme en Italie. La préoccupation de l’organisation ne doit pas être l’organisation elle-même.
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