Dans le laboratoire social-démocrate du Rhône, Jean-Jack QUEYRANNE devra sa ré-élection grâce aux voix de Vaulx-en-Velin, terre populaire communiste

Publié le par Pour la République Sociale

    Les faits sont là. La gauche sort défaite de la présidentielle, défaite en profondeur, jusque dans ces bases longtemps vécues comme naturelles. Les villes de Bron, Décines, Saint-Priest, Rillieux, Feyzin ont cédé : le vote Sarkozy flirte souvent avec les 53%. Ces villes trop souvent présentées par la gauche socialiste comme des citadelles imprenables ont fait démentir l’adage selon lequel il existerait des capitaux électoraux intangibles. L’électorat populaire, fait majoritairement de citoyens qui travaillent durement et gagnent peu, dont le niveau de vie n’a pas bougé si ce n’est régressé ces dernières années, menacés dans la stabilité de leur emploi, inquiet pour l’avenir de leurs enfants, de leurs retraites, avec les difficultés que l’on connaît pour s’occuper des vieux parents ou leur trouver une maison spécialisée… à ces gens là, la gauche n’a pas su offrir un horizon crédible.
C’est ainsi que Meyzieu, vieille terre socialiste de Poperen, après avoir été perdue aux dernières municipales, se retrouve quasi hors de portée pour la gauche face à un score de Sarkozy dépassant les 56% ! L’un des deux quartiers ayant placé Ségolène Royal en tête étant le quartier où sera implantée la prison pour mineur voulue par le Maire UMP… y voir là un vote progressiste serait fort hasardeux !

    En fait, la gauche dans l’agglomération lyonnaise boit la tasse mais échappe à la noyade d’une part grâce aux votes des jeunes électeurs des cités de Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Givors, Villeurbanne, La Duchère… qui sont venus voter en masse, souvent pour la première fois, contre Sarkozy ; d’autre part avec les votes des quartiers plus aisés, chez les couches intellectuelles progressistes, reposant aussi sur le vieux fond humaniste chrétien et oeucuménique bien lyonnais, là où Bayrou fait également le plein.

    Les glissements au premier tours de la Présidentielle sont révélateurs : du FN vers l’UMP ; du PC, des Verts ou de l’extrème-gauche vers le PS sous la pression du vote utile ; du PS et même de la gauche anti-libérale vers Bayrou là encore pour le vote soit disant utile, et/ou en rejet de la candidature Royal « qui ne passe pas » !
Ne nous cachons rien : le PS a perdu de larges pans de son électorat populaire traditionnel, et s’il a réussi cependant à gagner les jeunes des cités qui sont venues colmater les fuites… de leurs parents et/ou voisins des cités pavillonnaires rassurés par le discours d’ordre de Sarkozy, cela n’aura pas suffit. En effet, après avoir asséché ses réserves à gauche, les appels au Centre sans condition programmatique ne pouvaient qu’amplifier la catastrophe… Il est vrai que les vannes avaient été plus qu’entrouvertes vers Bayrou par maints dirigeants dès le premier tour.

     « Tendre la main » à la « modern’ start-up » de Bayrou, basée sur des « valeurs que nous partageons », c’est à coup sûr laisser filer à vau l’eau les fondements du PS… et faire le deuil de son assise populaire. Oubliées les fiches « Ripostes » préparées par les sénateurs socialistes qui nous rappelaient en quoi le programme de Bayrou était un programme économique et social de droite, par bien des aspects identiques au programme de l’UMP ? Les vannes étant ouvertes, comment s’étonner alors que des socialistes se retrouvent au gouvernement et que certains au PRG dont la fonction « centrale » se trouve contestée soient tentés de se tourner vers les Radicaux Valoisiens de l’UMP.

Ce sombre tableau ne nous exonère en rien, nous qui nous réclamons de la gauche du Parti Socialiste : cette défaite est aussi la notre. Alors que la droite est idéologiquement réunifiée et forte dans ses positions, la gauche est à réinventer. Une gauche décomplexée qui devra s’affirmer pour construire une nouvelle conscience citoyenne… Quel chemin emprunter ? Celui du débat est premier : les enseignements de l’échec devront être tirés par tous à gauche, fraternellement mais sans ménagement. En même temps, le devoir de tout militant de gauche est de battre la droite aux législatives en faisant élire des députés de gauche qui refuseront toute alliance avec l’UDF MODEM de François Bayrou, porte ouverte vers l’UMP.

Jean-Vincent JEHANNO
Conseiller Régional Socialiste,
Adjoint au Maire du 4ème Arrondissement de Lyon
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Publié dans Opinion

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