Sarkozy : "Désormais, quand il y a une grève en France personne ne s'en aperçoit"

Publié le par Pour la République Sociale

Le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri, le Parti socialiste et le Parti communiste ont critiqué dimanche les propos de Nicolas Sarkozy, qui a estimé ironiquement que personne ne s'apercevait plus des grèves depuis son arrivée au pouvoir.

Le chef de l'Etat s'exprimait samedi devant les militants de son parti. "Désormais, quand il y a une grève en France personne ne s'en aperçoit", s'était-il exclamé, souriant et déclenchant les rires au Conseil national de l'IMP.

"Je trouve que ça relève de la fanfaronnade de tribune mais moi, je n'attends pas du président de la République qu'il joue les matamores", a dit sur France Info le dirigeant du principal syndicat d'enseignants.

"Il y a peut-être une volonté de fuite en avant et de jouer la provocation. Je ne suis pas sûr que ce soit nécessairement un signe de force. Je vais pas répondre à une fanfaronnade par une autre fanfaronnade, en disant 'on va voir ce qu'on va voir'. Je pense qu'on a pas fini de lutter", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a parlé de "provocation" et a conseillé au président d'être "plus prudent". La CGT et la CFTC ont également protesté, estimant que le président cherchait à faire diversion.

Nicolas Sarkozy disait voir dans ce qu'il perçoit comme l'innocuité des grèves une preuve que sa politique fonctionne: "la France est en train de changer. Elle change beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément qu'on ne le croit".

CLAUDE GUÉANT INTERVIENT

En l'absence du président, parti  au japon pour le sommet du G8, Claude Guéant a tenté de justifier sur Europe 1 la déclaration litigieuse. "Cette phrase a surtout pour objet de constater que les relations sociales prennent un autre tour", a-t-il avancé.

Pour lui, le président voulait dire qu'avec la loi sur le service minimum dans les transports et ce qui est présenté comme une relance du dialogue social, l'approche de la grève avait changé.

Ironisant à son tour sur des "déclarations infantiles" du président et de ses amis, le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray a estimé dans un communiqué que la réunion de l'UMP avait tourné "à la réunion de joyeux drilles".

"On notera surtout que le président de la République n'est pas le dernier à participer à ce petit jeu, ses déclarations triomphantes à propos de l'inefficacité des grèves donnant toute la mesure de la manière dont il conçoit le dialogue social", écrit-il.

"Qu'ils (le chef de l'Etat et les cadres de l'UMP) prennent garde, car, comme on dit dans les cours de récréation: rira bien qui rira le dernier", ajoute-t-il.

Le Parti communiste s'étonne dans un communiqué que le président "tourne en dérision avec des formules de matamore l'ensemble du mouvement social".

"C'est désormais officiel, le président de la République est bien le président d'un camp contre l'autre, celui du patronat contre les salariés", dit le PC.

La France a connu ces derniers mois une série de mouvements sociaux dans le secteur public, dans l'enseignement pour protester contre la suppression de 11.200 postes en 2008, mais aussi dans les transports et d'autres secteurs, sur les thèmes de la défense du pouvoir d'achat, des retraites et des 35h.

Ces mouvements d'une ampleur variable n'ont en général pas fait reculer le gouvernement sur les grandes lignes de ses plans d'économies, mais il a toutefois été amené l'an dernier à faire adopter d'importantes mesures compensatoires à la suppression des régimes spéciaux de retraites.

L'Elysée a par ailleurs abandonné certains projets plus spécifiques sous la pression de grèves ou de manifestations, comme celui de la réforme des taxis.

Dans tous les cas, les grèves dans les secteurs publics et les transports, malgré le développement de procédures d'alerte et de pré-négociation, ont affecté le fonctionnement des écoles et la circulation, notamment en région parisienne.

Thierry Lévêque


Publié dans prs69

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