Hasta la victoria siempre...
Lisez bien les journaux de droite ces jours-ci, écoutez bien les médias aux ordres. A l’heure où la traite d’êtres humains concerne 1 à 2 millions de personnes dont 120000 en Europe occidentale, à l’heure où le blanchiment d’argent sale atteint annuellement 500 milliards de dollars, à l’heure où s’éclaire l’égoïsme profiteur du grand patronat d’EADS et d’ailleurs :
Qui est présenté comme immoral ? El Che Guevara
Pauvres scribouillards ! Vous ne ferez que donner plus d’écho au 40ème anniversaire de son exécution.
1) Le symbole du Che, symbole d’une éthique de justice et d’humanité
Malgré toutes les calomnies, qu’est-ce qui le rend aussi fort, 40 ans après sa mort en 1967, sur les vêtements d’adolescents comme dans le coeur des milliards d’opprimés ?
* Il incarne une pensée politique éthique et concrète fondée sur un impératif universaliste de refus de la misère, de l’injustice, des inégalités et des vies gâchées au nom d’une utopie de dignité humaine, de connaissance, de démocratie, de droit à vivre, d’émancipation et même de droit au bonheur.
* Il a choisi comme étendard, comme message politique, la phrase magnifique du poète cubain José Marti :" Tout homme véritable doit sentir sur sa joue le coup donné à n’importe quel homme".
* A une femme portant aussi le nom de Guevara, il répondit : " Je ne crois pas que nous soyons des parents très proches mais si vous êtes capable de trembler d’indignation chaque fois qu’il se commet une injustice dans le monde, alors nous sommes camarades..."
2) Le symbole du Che, symbole du principe d’espérance
* Le Che redonna vie à tous les jalons de ce principe d’espérance posés depuis des siècles en Amérique latine, par Tupac Amaru, Simon Bolivar, Ezéchiel Zamora, Emiliano Zapata, Augusto Sandino et bien d’autres.
* Le Che concrétise ce principe d’espérance devant l’inacceptable réalité que vantait Ernst Bloch la même année 1967 : " Il y a encore une autre dimension de vérité que la pure adaptation contemplative de la pensée aux réalités sociales, et nous voulons être et agir conformément à cette vérité meilleure, en résistant à toute l’injustice impériale de ce monde ".
* Lorsque ces réalités sociales sont inacceptables pour ceux qui les subissent comme pour ceux qui ne peuvent les tolérer et que la voie d’une réforme démocratique est bloquée par le pouvoir de l’argent et des armes, se lève l’étendard de la révolution comme si le refus de l’injustice était inscrit dans nos gènes collectifs. Au moment où les serviteurs de Coca Cola et United Fruit tentaient de tuer cette aspiration sous les bombes des B52, les assassinats et les dictatures militaires, Ernesto Guevara eut la force et le mérite d’incarner une résistance absolue et héroïque.
* Le sous-commandant Marcos, porte-parole de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale mexicaine a bien résumé cela en une phrase " Citoyen du monde, le Che nous rappelle ce que nous savons depuis Spartacus et que parfois nous oublions : l’humanité trouve dans la lutte contre les injustices une marche qui l’élève, qui la rend meilleure et plus humaine".
3) Le symbole du Che, un symbole révolutionnaire
* Quel était en 1954, globalement, le bilan de la gauche latino-américaine du 20ème siècle ? Dès qu’elle avait essayé de prendre en compte l’intérêt public, elle avait été écrasée par la bourgeoisie, l’armée et la hiérarchie catholique soutenus par les USA. Or, lorsqu’une nouvelle gauche se reconstruisait 20 à 30 ans plus tard, elle se fondait à nouveau dans une seule logique électorale avant de trahir lâchement ou de mourir héroïquement.
* Aussi, le Che pose sans cesse clairement et concrètement la question de la stratégie politique à adopter pour ne pas renouveler cette situation : " Quand on nous parle de conquérir le pouvoir par un processus électoral, notre question est toujours la même : si un mouvement populaire s’empare du gouvernement en gagnant un large vote populaire et décide de commencer les grandes transformations sociales qui forment son programme, ne se trouvera-t-il pas immédiatement en conflit avec les classes réactionnaires du pays ? L’armée n’a-t-elle pas toujours été l’instrument de ces classes ?... Par un coup d’Etat plus ou moins sanglant, le gouvernement peut être renversé et le jeu recommence ad aeternam" (Oeuvres III Textes politiques)
* Dans le contexte cubain de la dictature Batista puis dans celui de l’Amérique latine écrasée sous la botte des militaires, le Che a donc développé la nécessité d’une capacité de lutte armée et de la guerrilla. Mais il n’a jamais défendu cette orientation abstraitement " Lorsqu’un gouvernement est arrivé au pouvoir par une consultation populaire, frauduleuse ou non,, et maintient une apparence au moins de légalité constitutionnelle, le germe de la guerrilla ne peut éclore, car toutes les possibilités de la lutte légale n’ont pas été épuisées" ; pour lui l’usage de la violence par les progressistes dépend du degré de violence utilisé par la bourgeoisie et les conservateurs.
* Un documentaire présenté par Arte insistait sur le manque de préparation de la guerrilla du Che en Bolivie. Le présenter comme un aventuriste ne correspond pas à la vérité "Prétendre faire la guerre de guerrilla sans l’appui de la population, c’est aller vers un désastre inévitable" ( Guerre de guerrilla, une méthode). Le bilan des soutiens qu’il attendait en Bolivie n’ a jamais été tiré sérieusement.
4) Le symbole du Che, un symbole de morale révolutionnaire
* Le Che est venu progressivement au socialisme et au communisme révolutionnaire par une révolte morale devant les syndicalistes assassinés, devant les enfants qui meurent de faim dans la rue ou même par manque de moyens dans les hôpitaux. Nous disposons de nombreux témoignages sur son humanité dans les rapports personnels. Son orientation politique est également marquée par une dimension morale : " Le devoir de tout jeune communiste est d’être essentiellement humain, tellement humain qu’il se rapproche du meilleur de l’humain".
* "Permettez-moi de dire, au risque de paraître ridicule, que le vrai révolutionnaire authentique est guidé par de grands sentiments de générosité ; il est impossible d’imaginer un révolutionnaire authentique sans cette qualité".
* " La conduite révolutionnaire est le reflet de la foi révolutionnaire ; quand quelqu’un se dit révolutionnaire et ne se conduit pas comme un révolutionnaire, ce ne peut être autre chose qu’un pitre".
* Le Che réinventa sans cesse un marxisme vivant au foyer de filiations historiques diverses, d’une éthique exigeante et de ses expériences.
La suite de cet article de Jacques Serieys ----->
http://www.prs12.com/article.php3?id_article=228
et une video, une parmi d'autres ...
http://video.google.com/videoplay?docid=2472230819413835631&hl=fr